Le marché du carbone permet aux pays et aux porteurs de projets qui réduisent ou évitent les émissions de gaz à effet de serre d’obtenir des crédits carbone, pouvant ensuite être vendus à des acteurs souhaitant compenser leurs émissions. Ces projets peuvent notamment concerner le reboisement, la conservation des forêts et de la biodiversité, les énergies renouvelables, l’agriculture, les transports, l’énergie et la gestion des déchets.
Le directeur général adjoint de REMA, Faustin Munyazikwiye, a expliqué, lors d’une rencontre avec les médias le 16 septembre 2026, qu’un crédit carbone correspond à une tonne de CO₂ évitée ou retirée de l’atmosphère.
« Nous calculons cela sur la base d’un crédit carbone correspondant à une tonne de CO₂ dont le projet a évité le rejet dans l’atmosphère ou qu’il a retirée de l’atmosphère », a-t-il déclaré.
Les projets doivent relever des secteurs couverts par la Contribution déterminée au niveau national (NDC) du Rwanda dans le cadre de l’Accord de Paris et être soumis à la REMA, qui les examine avec un comité technique réunissant plusieurs ministères, institutions publiques et acteurs privés.
Les 29 projets enregistrés sont à différents stades : certains ont déjà commencé à vendre leurs crédits, tandis que d’autres sont en cours d’enregistrement, d’évaluation ou de vérification par des organismes internationaux accrédités.
Selon Munyazikwiye, le Rwanda a déjà perçu près de 1,5 million de dollars issus de la vente de crédits carbone. Cette somme correspond notamment à la part minimale destinée à l’État sur les transactions réalisées par différents projets. Le pays a également conclu des accords internationaux, notamment avec Singapour, qui s’est engagé à acheter des crédits carbone provenant de projets rwandais.
Avant leur mise sur le marché, les réductions d’émissions doivent être vérifiées par des organismes disposant d’une accréditation internationale. Ceux-ci contrôlent notamment si les réductions annoncées par un projet ont effectivement été réalisées.
Après cette vérification, le rapport est transmis à REMA, qui valide à son tour les résultats. Les crédits peuvent alors être commercialisés.
Munyazikwiye distingue le marché volontaire du carbone, auquel les acteurs participent sur une base volontaire, du marché réglementé, qui repose sur les engagements pris par les États. Les prix varient selon le marché et le type de crédit, avec des montants pouvant aller de 14 à 45 dollars par crédit.
Le Rwanda considère ce mécanisme comme une source supplémentaire de financement pour les investisseurs, les entreprises et les communautés engagés dans des projets environnementaux.
Le pays vise à réduire de 38 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, dont 3,5 millions de tonnes grâce aux mesures et projets nationaux et 4,5 millions de tonnes supplémentaires grâce aux financements et projets internationaux.
La ministre de l’Environnement, Bernadette Arakwiye, a souligné le fait que les marchés du carbone peuvent également permettre aux Rwandais de générer des revenus à travers des activités de réduction ou d’absorption des émissions. Elle a notamment cité la plantation d’arbres, qui peut permettre aux particuliers et aux communautés de développer des projets, de mesurer les réductions d’émissions obtenues et de vendre les crédits correspondants.
Par ailleurs, le 'Carbon Markets Africa Summit', prévu à Kigali du 13 au 15 octobre 2026, présentera des projets africains axés sur la protection de l’environnement, l’agriculture durable, la conservation des sols, la réduction des émissions, la valorisation des déchets et la préservation de la biodiversité aquatique.
Ces projets seront présentés lors d’une exposition et d’activités visant à mettre en relation leurs promoteurs avec des investisseurs et des acheteurs de crédits carbone.




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