L’annonce a été faite par Dr Gérardine Mukeshimana, vice-présidente du Fonds international de développement agricole (FIDA), en marge de l’Africa Food Systems Forum' (AFSF) 2026, la facilité réunissant le FIDA, Equity Bank, le Nordic Development Fund (NDF), la Finlande et le Green Climate Fund (GCF).
Selon Mukeshimana, les financements publics ne suffisent pas à transformer les systèmes alimentaires africains, mais doivent plutôt servir à réduire les risques et à mobiliser les capitaux privés, les projets impliquant le secteur privé générant des gains de revenus de plus de 64 %, soit quatre fois plus que ceux sans participation privée.
« Les ressources publiques doivent être utilisées de manière stratégique pour éliminer les obstacles, réduire les risques et mobiliser les capitaux du secteur privé », a-t-elle entre autres soutenu.
Le FIDA a également annoncé une facilité de 10 millions de dollars avec AGDV pour soutenir les petites entreprises agroalimentaires en Afrique, tandis que Bank of Kigali et l’institution doivent signer vendredi un accord de financement mixte de 21 millions de dollars destiné aux organisations de producteurs agricoles.
Mukeshimana a indiqué qu’environ 60 % des ressources de base du FIDA sont consacrées à l’Afrique, dans le cadre de l’IFAD14, qui entend faire du Fonds une plateforme d’investissement capable d’attirer davantage de capitaux privés vers les zones les moins desservies.
Évoquant un récent rapport de la FAO, "The State of Food Security and Nutrition in the World", selon lequel la progression de la faim en Afrique s’est arrêtée, la responsable a toutefois appelé à transformer ce progrès en résultats durables, notamment en rendant les régimes alimentaires nutritifs plus abordables, en créant des emplois décents et en renforçant la résilience.
L’AFSF 2026, tenu cette semaine à Kigali sous le thème « Investir dans les systèmes agroalimentaires de l’Afrique : nourrir les nations, créer des emplois et renforcer la résilience », a réuni, à l’occasion de son 20e anniversaire, plus de 5 000 participants venus de plus de 50 pays.
Lors de son intervention, le Premier ministre, Dr Justin Nsengiyumva, a insisté sur la nécessité de transformer les engagements en projets finançables, de renforcer les chaînes de valeur alimentaires et déployer les innovations ayant fait leurs preuves, alors que 20 % de la population africaine reste confrontée à la sous-alimentation, tandis que 57 % fait face à une insécurité alimentaire modérée ou grave.
Le ministre de l’Agriculture et des Ressources animales, Dr Telesphore Ndabamenye, a pour sa part souligné que l’expérience du Rwanda démontre les résultats qu’il est possible d’obtenir lorsque les politiques, les investissements, les institutions et les partenariats sont alignés sous une gouvernance efficace, citant la Vision 2050 et la Stratégie nationale de transformation (NST) comme principaux cadres de la transformation agricole du pays.






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