Cette enveloppe vise à rééquilibrer le portefeuille de la BAD dans le pays, actuellement largement dominé par les infrastructures, qui représentent 87 % des engagements.
L’annonce figure dans le Rapport 2025 sur la performance du portefeuille pays (CPPR) de la BAD pour le Rwanda, publié le 20 août 2026 et portant sur les opérations financées par la Banque à fin novembre 2025.
Selon le rapport, l’approvisionnement en eau et l’assainissement représentent 34 % du portefeuille, devant l’énergie (30 %), les opérations multisectorielles (11 %), la finance (10 %) et les transports (9 %).
À l’inverse, l’agriculture, les communications, le développement social et le développement urbain ne représentent ensemble que 6 % de la valeur du portefeuille.
Face à cette concentration, le gouvernement rwandais a demandé à la BAD de renforcer son soutien à l’agriculture, conformément aux priorités de la Deuxième Stratégie nationale de transformation (NST2), qui met l’accent sur la modernisation agricole, la croissance tirée par le secteur privé et le développement d’activités manufacturières orientées vers l’exportation.
Le financement annoncé doit notamment contribuer à réduire la concentration du portefeuille et à soutenir la croissance dans les secteurs productifs.
Le secteur agricole bénéficie actuellement d’un financement relativement limité de la BAD. En janvier 2026, les opérations agricoles financées par la Banque représentaient 11,2 millions d’unités de compte, soit environ 15,2 millions de dollars, avec un taux de décaissement de seulement 9,2 %.
Un important programme de financement basé sur les résultats pour une agriculture intelligente face au climat, d’une valeur de 348 millions de dollars, figure toutefois déjà dans les projets prévus.
La réorientation vers l’agriculture intervient alors que le portefeuille de la BAD au Rwanda a fortement progressé ces dernières années.
Au 31 janvier 2026, il comptait 29 opérations, pour des engagements totaux de 2,6 milliards de dollars, contre 1,49 milliard en novembre 2023, soit une hausse de 71 %.
Cette croissance s’accompagne toutefois de difficultés dans l’exécution des projets. La proportion de projets confrontés à des problèmes de performance est passée de 13 % en 2023 à 26 % en 2025, notamment en raison de retards dans la passation des marchés et de faiblesses dans la gestion des contrats.
Le taux cumulé de décaissement du portefeuille s’établit à 36 %.
Pour améliorer cette situation, la BAD et le ministère rwandais des Finances et de la Planification économique (MINECOFIN) ont adopté un Plan d’amélioration de la performance du portefeuille 2025, destiné notamment à accélérer la préparation des projets, à renforcer la gestion des contrats et à simplifier les procédures de passation des marchés.
Le rapport a été soumis pour information au Comité des opérations et de l’efficacité du développement (CODE) de la BAD.




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