Dr Nsengiyumva s’exprimait ce mardi 18 août 2026, à l’ouverture de l’Africa Water and Sanitation Systems Leadership Symposium.

Prévu du 18 au 21 août, le symposium est organisé conjointement par l’Union africaine, le Conseil des ministres africains de l’eau (AMCOW) et le gouvernement rwandais, avec l’appui de l’IRC, une organisation internationale spécialisée dans l’eau, l’assainissement et l’hygiène.

La rencontre réunit des dirigeants africains, des acteurs des réformes, des financiers et des partenaires au développement autour du renforcement des systèmes d’eau et d’assainissement et de la mobilisation d’investissements durables.

Le Premier ministre a souligné que l’Afrique reste largement en retard dans la réalisation de l’Objectif de développement durable relatif à l’eau et à l’assainissement, à l’approche de l’échéance de 2030, notant que 418 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à des services d’eau de base, 779 millions à l’assainissement et 839 millions à l’hygiène, malgré d’importants investissements dans les réseaux d’eau, les forages et les stations de traitement, dont certaines infrastructures ne permettent pas de fournir efficacement les services attendus.

« Construire des infrastructures est important, mais ce n’est, dans une large mesure, que le début. Veiller à ce qu’elles fonctionnent efficacement et desservent durablement les communautés est la véritable mesure du succès », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a ainsi insisté sur la nécessité de disposer d’institutions solides, d’une gouvernance efficace, de financements durables et d’un leadership responsable pour transformer les investissements en services fiables et durables.

La gouvernance au cœur de la Vision africaine de l’eau

Le chef du gouvernement a également rappelé que l’Union africaine a adopté, en février 2026, la Vision et politique africaines de l’eau 2063, qui place la gouvernance et le leadership au centre des efforts visant à renforcer la sécurité hydrique du continent, insistant sur le fait qu’une meilleure gouvernance permettrait également de mobiliser davantage de ressources nationales.

Un panel de l’Union africaine consacré aux investissements dans l’eau soutient ainsi qu’une gouvernance améliorée, notamment grâce à une tarification adaptée, une collecte efficace des recettes et une gestion financière rigoureuse, pourrait débloquer environ 11,5 milliards de dollars par an. Une meilleure mobilisation des ressources nationales pourrait générer 17,5 milliards de dollars supplémentaires.

« L’avenir de l’eau en Afrique peut et doit être financé par les Africains », a affirmé Nsengiyumva, mettant l’accent sur le fait que les investisseurs privilégient les institutions faisant preuve de discipline financière et de responsabilité.

Dr Nsengiyumva a appelé à dépasser la seule recherche de financements supplémentaires et à privilégier la création d’institutions capables d’attirer, de gérer efficacement et de mobiliser durablement les investissements.

Le Premier ministre a par ailleurs reconnu les difficultés du Rwanda dans le secteur de l’eau, notamment les pertes élevées d’eau non facturée et les défis liés à l’amélioration des services d’eau en milieu rural, avec notamment le recours à des opérateurs privés.

« Il ne saurait être question de qualifier de “non rentable” une eau traitée et pompée qui n’atteint pas les populations auxquelles elle est destinée », a-t-il déclaré, qualifiant ces pertes de gaspillage de ressources et de défaillance dans la fourniture des services publics.

Le symposium devrait en outre déboucher sur l’adoption du Communiqué de Kigali sur la transformation des systèmes pour la réalisation de la Vision et politique africaines de l’eau 2063.

Justin Nsengiyumva a de ce fait appelé les participants à rendre les engagements du communiqué précis et mesurables, estimant que le succès de la rencontre devra se mesurer aux réformes institutionnelles, aux décisions prises et à l’amélioration des services dans leurs pays respectifs.

Il a également appelé à poursuivre les discussions au-delà de Kigali et à porter les engagements et solutions proposés à Abou Dhabi, en décembre.

« J’encourage chacun d’entre vous – ministres, régulateurs, dirigeants de services publics, maires, financiers, organisations de la société civile et jeunes professionnels – à faire de ce document un engagement que vous vous appropriez véritablement », a-t-il insisté.

Le symposium vise à accélérer la transformation des secteurs de l’eau et de l’assainissement pour obtenir des résultats durables, avec un accent particulier sur la crédibilité financière, considérée comme essentielle à la mobilisation d’investissements durables et à la mise en place de systèmes d’eau et d’assainissement résilients.

Le Premier ministre Justin Nsengiyumva a appelé à renforcer les institutions, améliorer la gouvernance et garantir des financements durables pour relever les défis persistants de l’eau et de l’assainissement en Afrique
Dr Nsengiyumva s’exprimait ce mardi 18 août 2026, à l’ouverture de l’Africa Water and Sanitation Systems Leadership Symposium
Le symposium est organisé conjointement par l’Union africaine, le Conseil des ministres africains de l’eau et le gouvernement rwandais, avec l’appui de l’IRC
Le symposium vise à accélérer la transformation des secteurs de l’eau et de l’assainissement pour obtenir des résultats durables, avec un accent particulier sur la crédibilité financière