L’institution souligne toutefois que cette évolution résulte principalement de l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes plutôt que d’un manque d’efforts en matière de protection de l’environnement.
Intitulé "Climate Change Vulnerability Index Assessment", le rapport a été rendu public le 3 juin 2026 et présente une mise à jour de l’évaluation nationale de la vulnérabilité climatique réalisée pour la dernière fois en 2018.
Selon les conclusions de l’étude, le score national de résilience climatique du Rwanda est passé de 0,3 en 2018 à 0,5 en 2025 sur une échelle allant de 0 à 1, où les valeurs les plus faibles traduisent une meilleure capacité à résister aux impacts climatiques. Cette progression du score indique une augmentation de la vulnérabilité du pays face aux risques liés au changement climatique.
À l’échelle provinciale, la Ville de Kigali demeure la région la plus résiliente avec un score de 0,48. Elle est suivie par la Province du Nord (0,51) et la Province de l’Ouest (0,52). La Province du Sud affiche un score de 0,53, tandis que la Province de l’Est apparaît comme la plus vulnérable avec un score de 0,54.
Le rapport identifie également plusieurs districts particulièrement exposés aux effets du changement climatique, notamment Nyagatare, Nyamagabe, Gatsibo, Ngoma et Karongi. Ces districts enregistrent des scores avoisinant 0,55, supérieurs à la moyenne nationale, ce qui témoigne d’une plus grande vulnérabilité.
La REMA explique ces écarts par une capacité d’adaptation encore limitée dans certaines régions, particulièrement dans l’Est du pays où les sécheresses récurrentes affectent fortement la production agricole et les moyens de subsistance des populations.
Malgré cette dégradation des indicateurs, le Rwanda continue de renforcer ses initiatives d’adaptation et de protection de l’environnement. Les programmes Green Gicumbi et Green Amayaga figurent parmi les principaux projets mis en œuvre pour restaurer les écosystèmes, promouvoir le reboisement et soutenir l’adaptation des communautés aux effets du changement climatique.
Le Directeur général adjoint de la REMA, Faustin Munyazikwiye, a indiqué que les chocs climatiques observés ces dernières années ont parfois dépassé la capacité du pays à en limiter pleinement les conséquences. Il a notamment cité les catastrophes survenues dans la Province de l’Ouest en 2023, qui ont causé d’importantes pertes humaines et matérielles et influencé les indicateurs nationaux de résilience.
Selon lui, la détérioration des résultats ne traduit pas un relâchement des efforts gouvernementaux, mais reflète plutôt l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements climatiques extrêmes.
Le changement climatique continue par ailleurs de représenter un coût économique considérable pour le Rwanda. D’après les estimations du ministère chargé de la gestion des urgences, les pertes liées aux catastrophes naturelles engendrent des dépenses annuelles d’environ 300 millions de dollars, faisant de ce phénomène l’un des principaux défis de développement auxquels le pays est confronté.







Chargement des commentaires...
Laisser un commentaire