Urgent

Election à Madagascar : les premières tendances se profilent

Redigé par IGIHE
Le 22 décembre 2018 à 01:48

A Madagascar, le scrutin pour le second tour de la présidentielle a eu lieu ce mercredi. Depuis, la compilation des résultats se poursuit pour départager Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, deux anciens chefs d’Etat partis à la reconquête du fauteuil présidentiel. Ce vendredi matin, la Commission électorale avait compilé près d’un tiers des bulletins et déjà une première tendance se profile.

La Commission électorale est allée très vite. Plus d’un tiers des bulletins déjà dépouillés ce vendredi matin et une première tendance se dessine : une avance pour le candidat Andry Rajoelina. Sur 1,7 million de bulletins dépouillés, il obtient 54,8% des voix contre son rival Marc Ravalomanana qui lui obtient 45,2%, neuf points d’écart donc.

Il s’agit de rester prudent puisque ce n’est qu’une tendance qui porte sur donc sur un tiers des suffrages exprimés. Il faut attendre. La publication officielle des résultats est prévue pour début janvier. Ce jeudi, les deux candidats se disaient confiants en leur victoire. En revanche, tous deux dénoncent des fraudes. Selon Marc Ravalomanana, de « fausses cartes d’identité et de fausses cartes d’électeurs » ont circulé avant et pendant le scrutin. Andry Rajoelina, lui affirme avoir observé des actes de corruption et tentative de détournement des voix le jour du vote.

Pas d’irrégularités majeures pour les observateurs européens

Des accusations qui ne sont pas forcément partagées par les observateurs. Ce matin, la mission de l’Union européenne a tenu une conférence de presse. Et pour elle, il y a certes eu de petites irrégularités, mais rien qui puisse compromettre le scrutin. Pour Cristian Preda, le chef de cette mission, ce second tour a été transparent. Il s’est déroulé dans le calme, a été mieux préparé que le premier tour. Il reconnait qu’il y a eu quelques problèmes, des bulletins manquants, des bureaux ayant ouvert en retard, mais que ces incidents sont marginaux.

Quant aux allégations de fraudes portées par les candidats, elles n’ont pas été constatées par ses observateurs : « Notre mission relève que dans certaines localités, des incidents et des difficultés techniques ont été reportés dans les médias et les réseaux sociaux le jour du scrutin. Il s’agit de l’usage de bulletins précochés, de l’usage de fausses cartes nationales d’identité, ou des incitations à voter pour tel ou tel candidat. Mais il faut dire que nos observateurs n’ont pas constaté aucune de ces situations ».

Cristian Preda ajoute qu’aucun des candidats n’a pour l’instant apporté de preuves de ces incidents. S’ils ont des preuves, selon lui, ils doivent s’adresser à la Céni, ainsi qu’à la Haute Cour constitutionnelle. Il faut suivre la voie légale et non pas descendre dans la rue. Il appelle les candidats à attendre les résultats officiels et à les accepter. D’ailleurs, la publication des résultats pourrait même avoir lieu plus tôt que prévu pour éviter qu’un des candidats ne se proclame lui-même vainqueur.

L’Union africaine satisfaite

De la préparation du scrutin jusqu’à l’acheminement des bulletins aux centres de traitement, l’Union africaine (UA), par la voix de son haut représentant Ramtane Lamamra, s’est dit globalement satisfaite du contexte électoral apaisé. « L’Union Africaine félicite le gouvernement malgache et la Céni pour les efforts supplémentaires d’amélioration du processus électoral », a-t-il déclaré. L’expérience du premier tour a été bénéfique, la Céni était mieux préparée. L’homme a assuré que les anomalies parfois observées n’étaient pas en mesure d’entacher la régularité du scrutin.

La mission d’observation électorale de l’UA a déployé 35 observateurs depuis le 12 décembre, venus de tout le continent pour suivre les élections. Ils repartiront de la Grande île le 23 décembre. L’UA est le second plus gros bailleur des élections 2018 à Madagascar derrière l’Union européenne. Alors que Marc Ravalomanana prépare l’opinion publique a une contestation du scrutin, l’UA mais aussi l’ensemble de la communauté internationale s’expriment d’une même voix. Ils insistent sur les points positifs et l’avancée de ce pays habitués aux crises politiques depuis son indépendance en 1960.

avec rfi.fr


Publicité

AJOUTER UN COMMENTAIRE

REGLES D'UTILISATIONS DU FORUM
Publicité