Les chiffres ont été présentés ce mardi lors d’un point de presse auquel participait le ministre des Finances et de la Planification économique, qui a mis en avant les transformations structurelles en cours opérées dans l’économie nationale, tout en soulignant le rôle toujours central de l’agriculture, malgré la baisse relative de sa contribution au produit intérieur brut (PIB).

Selon le NISR, le PIB aux prix courants du marché a été estimé à 6,3 trillions de francs rwandais au premier trimestre 2026, contre 5,3 trillions sur la même période en 2025.

La structure de l’économie montre que le secteur des services demeure dominant avec 52 % du PIB, suivi de l’industrie à 24 %, puis de l’agriculture à 19 %, tandis que les impôts indirects nets représentent 5 %.

L’industrie dépasse l’agriculture dans la structure du PIB

Les autorités ont indiqué que l’industrie a désormais dépassé l’agriculture en termes de contribution au PIB, confirmant la poursuite de la transformation structurelle de l’économie.

S’exprimant lors du point de presse, le ministre des Finances et de la Planification Yusuf Murangwa économique a déclaré que cette évolution est clairement visible dans les données économiques.

« Cela se reflète clairement dans les chiffres. L’agriculture représente désormais 19 % du PIB, soit près de 20 %. Les services s’établissent à 52 %, tandis que l’industrie atteint 24 %. Ainsi, l’industrie a dépassé l’agriculture, et les services sont presque deux fois plus importants que celle-ci », a-t-il indiqué, précisant toutefois que cette évolution ne remet pas en cause l’importance stratégique du secteur agricole.

« Cela ne doit pas être mal interprété : cela ne signifie pas que le secteur agricole n’est pas important. Il demeure essentiel pour deux raisons principales : d’une part, la sécurité alimentaire, car sans alimentation aucun autre secteur ne peut fonctionner ; d’autre part, son rôle d’intrant clé pour la transformation agroalimentaire, l’industrie manufacturière et la restauration », a-t-il ajouté.

Le ministre a également souligné le fait que, malgré la diminution de sa part relative dans le PIB, la valeur absolue de la production agricole continue de progresser.

Croissance positive dans tous les secteurs

Tous les principaux secteurs économiques ont enregistré une croissance positive au cours du premier trimestre 2026. L’industrie a progressé de 13 %, les services de 7 % et l’agriculture de 8 %.

Au niveau du secteur agricole, la production vivrière a augmenté de 3 %, tandis que les cultures d’exportation ont enregistré une hausse de 39 %, soutenue par une augmentation de 86 % de la production de café. En revanche, la production de thé a reculé de 3 %.

Le secteur industriel a été principalement stimulé par les activités minières, manufacturières et de construction. Les activités d’extraction minière et de carrières ont progressé de 20 %, soutenues par une hausse de 50 % de la production minière.

Les minerais d’exportation ont également enregistré de fortes performances, avec une augmentation de 31 % des exportations de cassitérite, une hausse de 125 % du coltan, tandis que les exportations de wolfram sont restées stables par rapport au premier trimestre 2025.

Les activités manufacturières ont progressé de 15 %, portées par la croissance des produits métalliques, machines et équipements (+52 %), des produits minéraux non métalliques tels que le ciment et les briques (+57 %), des produits chimiques, du caoutchouc et du plastique (+21 %), ainsi que des produits du bois, du papier et de l’imprimerie (+22 %). Les activités de construction ont également augmenté de 11 %.

Services : une croissance soutenue mais contrastée

Le secteur des services a enregistré une croissance de 7 %, soutenue par le commerce de gros et de détail (+11 %) ainsi que les services de transport (+11 %). Dans le domaine du transport, le transport aérien a progressé de 7 %, le transport terrestre de 10 %.

Les services de l’information et de la communication ont augmenté de 22 %, les services financiers de 11 % et les services d’administration et de soutien de 20 %. Le secteur de l’éducation a enregistré une croissance modérée de 3 %.

Cependant, certains sous-secteurs ont connu une contraction, notamment les services d’hôtellerie et de restauration (-16 %), l’administration publique (-1 %) et les services de santé (-18 %).

Facteurs de la croissance agricole

La croissance de 8 % du secteur agricole est attribuée à une combinaison de facteurs, notamment des conditions climatiques favorables, l’amélioration des pratiques agricoles, l’expansion de l’irrigation et le soutien continu du gouvernement en matière d’accès aux engrais.

Le ministre a insisté sur la multiplicité des facteurs ayant contribué à cette performance.

« La forte croissance du secteur agricole résulte de plusieurs facteurs, et pas uniquement de l’utilisation des engrais. Le gouvernement a maintenu un soutien constant en faveur de la disponibilité des engrais. Toutefois, cette croissance s’explique également par de bonnes conditions météorologiques, l’amélioration des pratiques agricoles et le développement de l’irrigation. Il s’agit donc d’une combinaison des efforts du gouvernement, des agriculteurs et de conditions climatiques favorables », a-t-il déclaré.

Contexte international et prix de l’énergie

Abordant la situation économique mondiale, notamment les tensions dans la région du détroit d’Ormuz impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël, le ministre a noté le fait que l’environnement international demeure incertain.

« Nous avons observé des accords initiaux concernant la situation au Moyen-Orient, ce qui constitue un signal positif. Toutefois, notre approche reste prudente : nous attendons de voir si ces accords seront respectés et maintenus dans la durée », a-t-il indiqué, rappelant en outre que les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales continuent d’influencer les marchés énergétiques.

« Même en cas de résolution immédiate des tensions, les effets des perturbations passées persistent. Nous continuerons à subir l’impact du retard accumulé dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment dans la région du Golfe, jusqu’à leur normalisation complète », a-t-il conclu.

Le ministre des Finances Yusuf Murangwa, a mis en avant les transformations structurelles en cours opérées dans l’économie nationale, tout en soulignant le rôle toujours central de l’agriculture
Jean Claude Mwizerwa, Directeur général adjoint de l’Institut national des statistiques du Rwanda (NISR), a noté le fait que le PIB aux prix courants du marché a été estimé à 6,3 trillions de francs rwandais au premier trimestre 2026, contre 5,3 trillions sur la même période en 2025
Les chiffres ont été présentés ce mardi lors d’un point de presse