Dans une interview accordée à 'KP Media24', Kanimba est revenu sur sa carrière et sur plusieurs décisions prises lorsqu’il occupait des responsabilités à la BNR.
Nommé vice-gouverneur de la BNR en 2000, puis gouverneur en 2002, François Kanimba a pris ses fonctions dans un contexte marqué par la faiblesse du franc rwandais et une importante pénurie de devises étrangères.
Il explique que cette pénurie était notamment liée au départ, après le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, de certains hommes d’affaires rwandais qui avaient transféré leurs avoirs à l’étranger. D’autres personnes avaient également choisi de conserver leurs devises hors du système bancaire local.
Selon Kanimba, cette situation était aussi alimentée par une perception selon laquelle les devises étrangères appartenaient à l’État et ne pouvaient être détenues librement par les particuliers.
Pour remédier à cette situation, la BNR a introduit un système permettant aux particuliers d’ouvrir des comptes en devises et d’utiliser librement leurs fonds.
« C’est pourquoi nous avons mis en place un système permettant à chacun d’ouvrir un compte en devises, comme il pouvait avoir un compte en francs rwandais, et d’utiliser son argent comme il le souhaitait », a-t-il expliqué.
Cette réforme a contribué à faire revenir davantage de devises dans le système financier rwandais, aussi bien à travers la banque centrale que les banques commerciales.
La formalisation des changeurs
Kanimba a également évoqué la réforme du marché des changes, alors que certains changeurs continuaient d’exercer de manière informelle.
Il affirme avoir rencontré plusieurs d’entre eux pour leur expliquer la nécessité de se conformer à la loi et de créer des associations leur permettant d’obtenir une autorisation officielle.
La démarche avait d’abord suscité des inquiétudes chez les changeurs, qui craignaient notamment de perdre leurs revenus avec la formalisation de leurs activités.
Pour les rassurer, Kanimba dit avoir sollicité l’Office rwandais des recettes (RRA), qui leur avait proposé une exonération fiscale de trois ans pour accompagner leur transition vers le secteur formel.
« J’ai immédiatement appelé le commissaire à la RRA, qui est venu leur parler et leur a assuré que ceux qui suivraient cette procédure ne paieraient pas d’impôts pendant trois ans », a-t-il déclaré.
Pour l’ancien gouverneur, ces réformes ont contribué à créer un environnement plus favorable aux activités commerciales et au développement de l’économie rwandaise.
Les données de la BNR montrent qu’à la fin du mois de juin 2023, 26,8 % des réserves de change étaient investies dans des actifs à court terme, contre 73,2 % dans des placements à moyen et long termes, des proportions proches des objectifs respectifs de 25 % et 75 %.
Cette évolution s’inscrit dans la transformation plus large du secteur financier rwandais et dans la croissance soutenue de l’économie.
Selon les données du NISR, le PIB du Rwanda a progressé de 11,8 % au troisième trimestre 2025, après une croissance de 7,8 % au deuxième trimestre et de 6,5 % au premier trimestre.
Pour 2026, le FMI prévoit une croissance de l’économie rwandaise de 7,2 %.



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