C’est ce que révèle l’étude "Consumer Pulse Q1 2026" publiée par TransUnion Rwanda, qui met en lumière l’écart entre une forte demande de crédit et les difficultés d’accès aux produits financiers.
Selon le rapport, 98 % des Rwandais considèrent l’accès au crédit et aux prêts comme essentiel pour atteindre leurs objectifs financiers, mais seulement 42 % estiment disposer d’un accès suffisant aux produits de crédit adaptés à leurs besoins.
Cette situation intervient alors que le Rwanda poursuit le développement des services financiers numériques, Didier Mutambazi, directeur général de TransUnion Rwanda, rappelant que 96 % de la population a désormais accès aux services financiers.
« Alors que notre économie connaît une croissance de 9,4 % du PIB, la question est de savoir comment faire en sorte que cette croissance améliore aussi la vie des consommateurs et comment le secteur financier peut unir ses efforts pour résoudre les problèmes réels auxquels ils sont confrontés », a-t-il déclaré lors de la présentation du rapport jeudi 9 juillet 2026 à Kigali.
L’étude, réalisée entre le 10 février et le 9 mars 2026 auprès de 259 adultes, indique que 56 % des consommateurs prévoient de demander un nouveau crédit ou de refinancer un prêt existant au cours des 12 prochains mois. Les prêts personnels sont les plus recherchés (47 %), suivis des prêts étudiants (28 %) et des services « Buy Now, Pay Later » (BNPL) (22 %).
Cependant, près de la moitié (49 %) des personnes ayant envisagé un crédit ont finalement abandonné leur démarche. Les principales raisons évoquées sont les inquiétudes liées aux revenus ou à l’emploi (33 %), le coût élevé du crédit (30 %) et le manque d’intérêt du refinancement (22 %).
« Aujourd’hui, seulement environ 40 % des consommateurs sont visibles dans le système de crédit, tandis qu’environ 60 % ne le sont pas encore. C’est un défi que nous devons relever pour élargir la participation au marché du crédit », a expliqué Mutambazi.
Pour améliorer l’accès au financement, TransUnion travaille avec les institutions financières afin d’intégrer des données alternatives, notamment les transactions d’argent mobile, dans l’évaluation du crédit.
Malgré ces difficultés, l’étude montre un certain optimisme : 76 % des répondants prévoient une hausse de leurs revenus dans les 12 prochains mois, tandis que 38 % affirment avoir déjà enregistré une amélioration de leurs revenus au cours des trois derniers mois.
Lee Naik, président régional et directeur général de TransUnion Afrique, estime toutefois que l’enjeu dépasse l’accès aux services financiers. « L’inclusion financière ne consiste pas seulement à permettre aux gens de payer leurs factures ou de transférer de l’argent. Elle consiste à donner aux populations l’accès aux opportunités », a-t-il déclaré.
L’étude souligne également l’importance de la confiance numérique. 62 % des consommateurs déclarent avoir été ciblés par des tentatives de fraude numérique, mais seulement 9 % affirment en avoir été victimes.
« L’accès crée la participation, mais la confiance la maintient », a conclu Didier Mutambazi, appelant à une collaboration accrue entre banques, fintechs, opérateurs télécoms et régulateurs pour bâtir une économie numérique plus inclusive.








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