Cette situation survient alors que le gouvernement continue de déployer des mesures visant à atténuer l’impact de la hausse des prix mondiaux du pétrole sur les consommateurs grâce à un mécanisme de subvention des carburants.
Le 5 juin 2026, les autorités ont annoncé que le prix de l’essence resterait plafonné à 2 938 FRW par litre, tandis que celui du diesel serait fixé à un maximum de 2 927 FRW le litre, contre 2 205 FRW lors de la précédente révision tarifaire.
Malgré cette augmentation, le gouvernement a maintenu une subvention sur le diesel. Selon les autorités, sans cette intervention, le litre de diesel aurait atteint 3 581 FRW.
S’exprimant lors d’une conférence de presse le 7 juin, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Prudence Sebahizi, a expliqué que les prix relativement plus bas appliqués au Rwanda avaient attiré de nombreux consommateurs des pays voisins, provoquant une forte hausse de la demande intérieure.
Dans des conditions normales, le Rwanda consomme quotidiennement entre 1,2 et 1,5 million de litres de diesel, ainsi qu’entre 800 000 et 900 000 litres d’essence. Toutefois, durant les périodes de fortes disparités de prix dans la région, la consommation de diesel a grimpé entre 2,5 et 3 millions de litres par jour.
« La situation a montré que nous subventionnions en réalité du carburant pour des personnes au-delà de nos frontières, alors que notre objectif était de soutenir les Rwandais », a déclaré le ministre.
Cette hausse exceptionnelle de la demande a été particulièrement visible dans les stations-service situées à proximité des frontières. Selon M. Sebahizi, certaines d’entre elles se retrouvaient à court de carburant quelques heures seulement après leur ouverture.
« Pendant environ une semaine, certaines stations proches des zones frontalières ont épuisé leurs stocks dans les deux heures suivant leur ouverture en raison de clients venus des pays voisins », a-t-il précisé.
Le ministre a indiqué que les niveaux de consommation sont depuis revenus à la normale grâce aux mesures de suivi et de contrôle mises en œuvre par les autorités.
Les données du début du mois de juin montrent que la consommation de diesel a retrouvé ses niveaux habituels, tandis que celle de l’essence a diminué à mesure que les consommateurs s’adaptent à la hausse des prix.

Le recours aux transports publics en progression
Les autorités attribuent également la baisse de la consommation d’essence à l’utilisation croissante des transports publics.
Le nombre d’usagers des bus a progressé d’environ 15 %, un nombre croissant de citoyens privilégiant les transports collectifs au détriment de leur véhicule personnel.
Le Rwanda dispose actuellement de 390 bus dans son réseau de transport public. Cette flotte devrait être renforcée par l’arrivée de 100 bus supplémentaires d’ici la fin de l’année 2026, puis de 200 autres en 2027, portant le total à près de 700 véhicules.
Le secrétaire d’État aux Infrastructures, Jean de Dieu Uwihanganye, a affirmé que le gouvernement ambitionne de porter le nombre de bus en circulation à entre 1 000 et 1 500 unités à long terme, tout en continuant à renforcer les infrastructures routières.
« Nous voulons que les transports publics deviennent le mode de déplacement privilégié par un plus grand nombre de personnes », a-t-il déclaré.
La consommation journalière d’essence se situe désormais entre 600 000 et 700 000 litres, alors qu’elle pouvait atteindre 900 000 litres auparavant, avec des baisses ponctuelles jusqu’à 400 000 litres.
Pour les autorités, cette évolution témoigne d’une prise de conscience croissante de la nécessité d’une utilisation plus rationnelle du carburant.

Par ailleurs, le gouvernement a également mis en avant les conséquences économiques de la consommation de carburant, rappelant que les importations de produits pétroliers figurent parmi les principales sources de dépenses en devises étrangères du pays.
Selon Prudence Sebahizi, le Rwanda dépense plus de 700 millions de dollars par an pour l’importation de carburants, un montant proche des recettes générées par le secteur touristique.
En effet, les revenus du tourisme ont atteint 685 millions de dollars en 2025, contre 647 millions de dollars en 2024.
« Les devises générées par le tourisme sont presque équivalentes à ce que nous dépensons chaque année pour les produits pétroliers. Réduire la consommation inutile de carburant est donc essentiel pour préserver les réserves en devises du pays », a-t-il souligné.
Le ministre a également évoqué la faible utilisation des capacités industrielles nationales, certaines usines ne fonctionnant qu’à environ 30 % de leur potentiel.
Le gouvernement assure travailler actuellement avec les industriels afin d’augmenter la production locale et réduire la dépendance du pays aux importations.
Selon les autorités, le renforcement de la production nationale et l’amélioration de l’efficacité énergétique contribueront à accroître la résilience de l’économie rwandaise face aux incertitudes des marchés internationaux.
Par ailleurs, dans le cadre des mesures visant à renforcer la sécurité énergétique du pays, le Rwanda prévoit de doubler sa capacité stratégique de stockage des produits pétroliers.
Avec une capacité actuelle de 117 millions de litres, le pays pourrait assurer son approvisionnement en carburant pendant au moins six mois si les capacités de stockage étaient renforcées, ont indiqué les autorités, en cas de perturbations du marché ou de fluctuations prolongées des prix.




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