L'annonce a été faite ce jeudi par la directrice générale de la Surveillance et de la Préparation au sein du MINEMA, Christine Niyotwambaza, lors de l'inauguration de systèmes de protection contre la foudre à haute capacité installés à l'École secondaire GS Musango et au centre de l'église locale de Musango, dans le secteur de Rwankuba, district de Karongi.

Ces nouvelles installations se trouvent dans l'un des cinq secteurs du district les plus exposés aux impacts de la foudre. Selon les autorités locales, les secteurs de Rwankuba, Gitesi, Ruganda et Rugabano figurent parmi les zones les plus vulnérables, en raison de leur situation le long de la crête Congo-Nil, où l'altitude élevée favorise les orages et les impacts de foudre.

Pour les habitants, ce phénomène représente une menace permanente.

Interrogé par IGIHE, John Dushimimana, résident du secteur de Rwankuba, affirme que la foudre a déjà fait de nombreuses victimes dans sa communauté.

« Je connais plus de sept personnes du secteur de Rwankuba qui sont mortes après avoir été frappées par la foudre. La principale raison est que nous ne disposons pas de paratonnerres sur nos maisons. Nous ne savons ni où les acheter ni combien ils coûtent », a-t-il témoigné.

Outre les pertes en vies humaines, la foudre provoque également la perte de bétail et endommage régulièrement les appareils électriques des habitants.

La vice-maire du district de Karongi chargée du Développement économique, Julienne Ntakirutimana, a, pour sa part, confirmé que plusieurs secteurs du district sont particulièrement exposés aux risques liés à la foudre en raison de leur relief.

Selon Christine Niyotwambaza, le coût élevé des systèmes de protection constitue aujourd'hui le principal frein à leur adoption par les ménages.

« Les systèmes de protection contre la foudre sont très coûteux. Il est impossible d'en trouver un à moins de 3 millions de francs rwandais », a-t-elle expliqué.

Face à cette situation, le MINEMA a engagé un partenariat avec RP Karongi College, le Bureau rwandais de normalisation (RSB) et le Conseil national pour la science et la technologie (NCST) afin d'évaluer un système de protection contre la foudre développé par des chercheurs rwandais.

Cette évaluation doit débuter la semaine prochaine.

Christine Niyotwambaza a toutefois précisé que le Rwanda ne dispose pas encore des capacités techniques nécessaires pour certifier ce type d'équipement. Le prototype sera donc envoyé à l'étranger afin d'être soumis à une expertise technique indépendante.

« Si les spécialistes de la protection contre la foudre confirment que ce système répond aux normes de sécurité requises, nous passerons à l'étape suivante, celle de sa fabrication au Rwanda. Une fois la production lancée, nous travaillerons également à réduire son coût afin que les citoyens puissent facilement installer ces dispositifs sur leurs habitations », a-t-elle déclaré.

Les données du MINEMA illustrent l'ampleur du problème. Au cours des quatre dernières années, les impacts de foudre ont causé la mort de 287 personnes au Rwanda, tandis que plus de 950 autres ont subi des handicaps permanents à la suite de ces accidents.

Lors de cette cérémonie, Amiri Mugarura, représentant de l'entreprise Otawa, spécialisée dans la distribution de systèmes de protection contre la foudre au Rwanda, a également sensibilisé la population aux mesures permettant de réduire les risques.

Selon lui, le fait de crépir les maisons avec du ciment ainsi que de porter des chaussures à semelles en plastique peut réduire jusqu'à 85 % le risque d'être frappé par la foudre.

À travers ce projet de fabrication locale, le gouvernement espère non seulement réduire le coût des systèmes de protection contre la foudre, mais aussi renforcer la sécurité des populations vivant dans les zones les plus exposées à ce phénomène naturel, qui continue de faire des victimes chaque année au Rwanda.


Les autorités ont inauguré des systèmes de protection contre la foudre à haute capacité à GS Musango et à l'église locale de Musango, dans le district de Karongi, une zone particulièrement exposée à la foudre
Le MINEMA indique que les systèmes de protection contre la foudre développés localement feront l'objet d'une évaluation technique afin de réduire les coûts et d'élargir l'accès à cette technologie vitale
Christine Niyotwambaza, directrice générale au MINEMA, a annoncé que le Rwanda vise une production locale de systèmes de protection contre la foudre pour les rendre plus accessibles aux ménages