Cette ambition a été présentée par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier Nduhungirehe, lors de l’Africa Energy Forum (AEF) 2026 tenu au Cap, en Afrique du Sud. À cette occasion, le Rwanda a officiellement lancé le « Rwanda Energy Compact », une initiative stratégique visant à attirer davantage de capitaux privés, tant nationaux qu’étrangers, vers un secteur énergétique en pleine expansion.

Selon le ministre, une participation accrue du secteur privé est indispensable pour combler le déficit de financement auquel le pays est confronté dans la réalisation de ses ambitions énergétiques.

« Pour atteindre cet objectif, nous avons besoin d’une plus grande implication du secteur privé. Les investissements privés restent relativement faibles et nous devons les porter à environ un milliard de dollars afin de garantir l’accès à l’électricité à chaque Rwandais », a déclaré Olivier Nduhungirehe.

Le chef de la diplomatie rwandaise a souligné le fait que le développement des infrastructures énergétiques constitue un levier essentiel pour la transformation économique du pays, notamment en matière d’industrialisation.

« Nous comprenons que l’énergie n’est pas une fin en soi ; c’est un outil de développement. Le Rwanda est un pays en développement situé au cœur de l’Afrique et nous devons nous industrialiser. Nous devons bâtir une économie dynamique dotée d’industries solides capables de produire localement des biens afin de réduire notre déficit commercial », a-t-il expliqué.

Au-delà des enjeux nationaux, le "Rwanda Energy Compact" entend également favoriser l’intégration régionale des réseaux électriques en Afrique de l’Est. Olivier Nduhungirehe a plaidé en faveur de cadres de coopération public-privé cohérents et tournés vers les ambitions énergétiques du continent.

« En fin de compte, notre objectif est de faire en sorte que l’Afrique produise suffisamment d’énergie pour soutenir ses industries et permettre au continent de devenir la puissance économique mondiale qu’il a le potentiel d’être », a-t-il ajouté.

Une transformation énergétique remarquable en trois décennies

Le secteur énergétique rwandais a connu une évolution spectaculaire au cours des trente dernières années. Alors que seulement 1 % de la population avait accès à l’électricité en 1994, ce taux atteint aujourd’hui 86 %, selon les autorités.

Dans le cadre du plan stratégique décennal du "Rwanda Energy Group" (REG), le gouvernement prévoit de porter la capacité électrique installée du pays à 1 066 mégawatts (MW). Plusieurs projets énergétiques majeurs sont déjà en cours ou en préparation pour atteindre cet objectif.

Parmi les principaux projets nationaux figurent la centrale hydroélectrique de Nyabarongo II, d’une capacité de 43,5 MW, le projet hydroélectrique Rukarara VI, d’une capacité de 9,7 MW et actuellement réalisé à 26 %, ainsi que la centrale de Nyirahundwe, d’une capacité de 0,91 MW, dont les travaux sont achevés à 71 %.

À l’échelle régionale, le Rwanda collabore avec le Burundi et la République démocratique du Congo dans le cadre du projet hydroélectrique Rusizi III, qui devrait produire 206 MW. Des études de faisabilité sont également en cours pour l’extension de la centrale hydroélectrique de Ntaruka, déjà opérationnelle.

L’exploitation du gaz méthane du lac Kivu continue par ailleurs de jouer un rôle central dans l’approvisionnement énergétique du pays. Les installations KivuWatt et Shema Power Lake Kivu produisent actuellement 82 MW, soit environ 21 % de la production nationale d’électricité. Le gouvernement prévoit d’augmenter cette capacité à 100 MW dans les prochaines années.

Le solaire figure également parmi les priorités du Rwanda pour diversifier son mix énergétique. Plusieurs projets sont prévus, notamment la centrale solaire photovoltaïque de Mpanga, dans le district de Kirehe, d’une capacité de 30 MW, le projet solaire photovoltaïque Nyabarongo II, qui devrait produire 200 MW, ainsi que la centrale Izuba CB Energy, d’une capacité de 4,13 MW.

Un investissement total estimé à 3,2 milliards de dollars

Selon les estimations du gouvernement, la mise en œuvre complète de la stratégie énergétique nationale sur dix ans nécessitera un investissement total de 3,2 milliards de dollars.

Pour mobiliser les financements nécessaires, les autorités prévoient de recourir à une combinaison de prêts concessionnels, d’obligations vertes, de crédits carbone ainsi qu’à divers mécanismes de financement climatique.

À travers cette stratégie, le Rwanda entend non seulement garantir l’accès universel à l’électricité, mais également renforcer sa compétitivité économique, soutenir son industrialisation et contribuer à l’ambition plus large d’une Afrique capable de produire l’énergie nécessaire à son développement et à sa transformation économique.

Le Rwanda ambitionne de mobiliser un milliard de dollars d’investissements privés afin de renforcer ses infrastructures énergétiques, avec pour objectif d’atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici 2030
l’Africa Energy Forum (AEF) 2026 a été tenu au Cap, en Afrique du Sud