Ces préoccupations ont été exprimées lors des auditions fondées sur le rapport de l’Auditeur général du Rwanda pour l’exercice budgétaire clôturé le 30 juin 2025. Les séances se sont tenues le 25 juin 2026.

Le PAC a relevé un problème récurrent : des réparations de courte durée qui ne résolvent pas durablement la dégradation des infrastructures routières, entraînant des interventions répétées et des coûts continus.

Parmi les cas cités, la route Rusizi–Bugarama a nécessité 392 millions de francs rwandais pour des réparations de routine, sans amélioration durable constatée.

Dans le Nord, la route Musanze–Rubavu–Nyakinama fait l’objet de réparations régulières par interventions ciblées, alors qu’une réhabilitation complète serait nécessaire, ces travaux fragmentés ayant déjà coûté environ 2,6 milliards de francs rwandais.

La vice-présidente du PAC, Murumunawabo Cecile, a remis en cause le rapport qualité-prix de ces dépenses, s’interrogeant sur le coût élevé de simples réparations ponctuelles.

Autre cas préoccupant : la route Huye–Gisagara, dont les systèmes de drainage et les ponts restent inachevés malgré des conditions météorologiques favorables prolongées, la RTDA invoquant des perturbations climatiques pour expliquer les retards.

Le PAC a également cité la route Ngororero–Mukamira–Meru–Nyabarongo, où 980 millions de francs rwandais ont été dépensés en réparations mineures malgré une détérioration structurelle persistante.

Le député Karinijabo Barthélemy a dénoncé l’usage répété de la latérite pour les réparations temporaires, soulignant le fait que ce matériau est facilement emporté par les eaux de pluie, entraînant une spirale de dépenses sans effet durable. Il appelle en outre à privilégier des solutions plus résistantes et économiquement viables.

Le directeur général de la RTDA, Imena Munyampenda, reconnaît que certaines interventions n’ont pas été optimales, mais attribue la situation à la vétusté des infrastructures et aux contraintes budgétaires. Plusieurs routes auraient dépassé leur durée de vie, rendant les réparations inévitablement temporaires.

Le président du PAC, Muhakwa Valens, a indiqué que les explications fournies ne dissipent pas les inquiétudes sur le rapport qualité-prix des dépenses publiques : « Nous concluons cette session sans être satisfaits. » Le comité insiste sur la nécessité d’investissements durables pour réduire les coûts récurrents.

Par ailleurs, 76 institutions devront comparaître devant la commission après des avis d’audit défavorables de l’Auditeur général du Rwanda, liés à des problèmes de gestion financière, de non-conformité ou d’utilisation irrégulière des fonds publics. D’autres seront examinées pour mise en œuvre partielle des recommandations ou dans le cadre d’audits sectoriels et ICT.

La PAC a exprimé son mécontentement à l’égard du RTDA pour des pratiques d’entretien routier jugées inefficaces et non durables, malgré des dépenses publiques élevées
Le Directeur général du RTDA, Imena Munyampenda, a reconnu que certaines interventions n’ont pas été optimisées, en raison de l’état des infrastructures vieillissantes et des contraintes budgétaires
76 institutions devront comparaître devant la commission après des avis d’audit défavorables de l’Auditeur général du Rwanda