Le rapport relève toutefois une baisse de la qualité de la prestation des services, dont le score est passé de 71,73 % à 68,48 %. Le ministre des Collectivités locales, Dominique Habimana, a estimé que les résultats reflètent à la fois des progrès encourageants et des domaines nécessitant une attention urgente.
« Les résultats qui nous sont présentés aujourd’hui racontent une histoire à la fois encourageante et exigeante. Toutefois, nous ne pouvons pas nous satisfaire d’une situation où la prestation des services se détériore et où le développement humain et social reste faible », a-t-il indiqué.
En effet, le RGS évalue la gouvernance à travers huit piliers, 35 indicateurs et 153 variables, à partir de données administratives, de statistiques officielles, d’évaluations institutionnelles, de recherches et de l’expérience des citoyens.
La sécurité reste le principal point fort
Avec 90,15 %, contre 90,02 % lors de la précédente édition, la sûreté et la sécurité demeurent le pilier le plus performant. Habimana a salué le travail des organes de sécurité, qualifiant la sécurité de « facteur déterminant pour tout ce que nous faisons dans ce pays ».
La lutte contre la corruption, la transparence et la responsabilité arrive à 85,80 %, contre 84,67 % précédemment. L’État de droit progresse également de 3,84 points, à 85,47 %.
En revanche, la participation et l’inclusion reculent à 84,72 %, contre 86,31 %, tandis que les droits politiques et libertés civiles passent à 81,56 %, contre 82,71 %. La gouvernance économique et des entreprises a, quant à elle, baissé à 73,28 %, contre 74,84 %.
La satisfaction des citoyens varie fortement selon les secteurs. Elle atteint 65,40 % pour le dépôt en ligne des dossiers judiciaires, 50,90 % pour les services liés aux terres, à l’environnement et à l’habitat, 53,70 % pour l’agriculture et 57,10 % pour l’élevage.
La numérisation constitue également un défi : seulement 11 % des services publics étaient entièrement numérisés de bout en bout, selon les données du ministère des TIC pour 2024.
Pour Habimana, la transformation numérique ne doit pas se limiter à mettre les services en ligne, mais doit également permettre de simplifier les procédures et de réduire le temps et le coût d’accès aux services.
Le ministre a annoncé la poursuite des efforts visant à renforcer les autorités locales et la coordination entre les différents niveaux de l’administration afin de rendre les services plus accessibles, rapides, équitables et adaptés aux besoins des citoyens.
« Pour les Rwandais, la gouvernance n’est pas et ne sera jamais une idée abstraite », a-t-il affirmé. « Elle se vit dans les villages, dans les cellules, les secteurs et les districts, dans les écoles et les établissements de santé, ainsi qu’à travers les services dont les citoyens dépendent au quotidien. »
Le pilier du développement humain et social a progressé de 3,86 points, à 68,55 %, mais reste parmi les moins performants. La santé obtient 78,22 %, l’éducation 73,05 % et la protection sociale 67,15 %. L’indicateur relatif à une famille sûre et prospère atteint 59,45 %, tandis que le changement climatique et la résilience environnementale obtiennent 64,89 %.
Habimana a appelé les institutions à utiliser ces résultats dans leurs plans, budgets, réformes et contrats de performance Imihigo, afin qu’ils servent à la fois de « miroir » pour évaluer les réalisations et les lacunes, et de « carte » pour améliorer l’intégrité, la responsabilité, l’inclusion, l’efficacité et la prestation des services.
« Cette 13ᵉ édition doit guider notre planification, nos contrats de performance dans le cadre des Imihigo, nos budgets, nos réformes et notre engagement auprès des citoyens », a-t-il insisté.

Le PNUD appelle à transformer les résultats en actions
La représentante résidente du PNUD au Rwanda, Fatmata Lovetta Sesay, a salué le fait que le Rwanda évalue lui-même ses performances en matière de gouvernance et crée un espace de discussion sur les domaines à améliorer.
Elle a présenté le RGS comme une initiative nationale qui contribue depuis 2010 à renforcer la responsabilité et la cohésion. Selon elle, sa valeur ne réside pas seulement dans les données, mais aussi dans les décisions et les actions qui doivent en découler.
« Il est impressionnant de voir un pays qui se tient lui-même responsable », a-t-elle déclaré. « Il est encore plus impressionnant de voir un pays ouvert aux discussions sur la manière dont le monde lui demande de rendre des comptes. »
Sesay a appelé les institutions publiques, les partenaires au développement, les organisations de la société civile, les universitaires, le secteur privé et les citoyens à examiner les résultats et à agir sur les indicateurs qui restent en dessous des attentes.
« Le Rwanda Governance Scorecard ne doit pas être considéré comme une fin en soi. L’objectif final est la pleine satisfaction des citoyens à l’égard de la prestation des services », a-t-elle déclaré.
Elle a également souligné l’importance d’une gouvernance efficace, d’institutions solides, de la responsabilité publique et de services adaptés aux besoins des citoyens pour la transformation économique et le développement social, notamment dans le cadre de la NST2 et de Vision 2050.
Le RGB défend le principe d’auto-responsabilisation
Le secrétaire général du RGB, Dr Edward Kalisa, a expliqué que le scorecard vise à évaluer les performances institutionnelles et à fournir des données permettant d’améliorer la planification et la mise en œuvre des politiques.
L’évaluation combine notamment les données officielles et les perceptions des citoyens afin de mesurer non seulement l’existence des politiques et des institutions, mais aussi leur efficacité dans la pratique.
Pour Kalisa, l’auto-responsabilisation consiste à reconnaître les réalisations, à admettre les insuffisances et à identifier les domaines nécessitant des améliorations.
La cérémonie a par ailleurs été marquée par la présentation du Chandler Good Government Index 2026, selon lequel le Rwanda s’est classé 11ᵉ au niveau mondial et premier en Afrique pour le leadership et la capacité d’anticipation. Le pays s’est également classé deuxième au monde pour la vision à long terme et troisième pour l’adaptabilité, selon Dinesh Naidu, du Chandler Governance Group.












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