En effet, le Kenya, le Nigeria et l’Afrique du Sud sont actuellement en lice pour accueillir cette implantation destinée à renforcer la présence de l’organisation sur le continent.

À travers ce projet, la Recording Academy entend renforcer sa présence en Afrique en favorisant la formation, la protection des droits des créateurs, le développement des talents et leur connexion aux réseaux internationaux de l’industrie musicale, après avoir officiellement annoncé, en 2024, des partenariats avec plusieurs pays africains.

Nairobi semble actuellement vouloir jouer un rôle central dans cette course. Selon l’Associated Press, le gouvernement kényan a investi 3,9 millions de dollars dans son projet visant à accueillir le hub africain.

Cette candidature a bénéficié d’une nouvelle visibilité avec la visite, en ce même mois de septembre, du président de la Recording Academy, Panos A. Panay, qui s’est entretenu avec le président kényan William Ruto. Panay a indiqué que plusieurs étapes avaient été franchies dans le développement de la présence de l’organisation en Afrique, tout en soulignant qu’il s’agissait d’un projet à long terme.

Pour Nairobi, l'enjeu dépasse l'installation d'un simple bureau. Le gouvernement kényan espère attirer davantage de studios, labels, plateformes, investisseurs et professionnels de l'industrie musicale, afin de faire du pays un centre régional de production et de développement de la musique africaine.

Le Kenya participe déjà à l’American Music Mentorship Program, une initiative menée par la Recording Academy en partenariat avec le Département d’État américain, dont une nouvelle cohorte de professionnels kényans doit rejoindre l’édition 2026.

Face au Kenya, le Nigeria dispose d’un poids considérable dans l’industrie musicale africaine, notamment grâce à l’influence internationale de l’Afrobeats. L’Afrique du Sud, de son côté, constitue également un marché musical majeur sur le continent.

Les deux pays font partie des partenaires africains avec lesquels la Recording Academy travaille dans le cadre de son expansion. La compétition pour le futur hub est ainsi liée à la volonté de chaque pays de renforcer son rôle dans une industrie musicale africaine dont l’influence internationale ne cesse de progresser.

La Recording Academy a déjà franchi une étape importante avec la création, lors des Grammy Awards 2024, de la catégorie Best African Music Performance, consacrée aux œuvres utilisant des expressions musicales propres au continent.

L’organisation souhaite également accroître la représentation des professionnels africains parmi ses membres, ses dirigeants rappelant que les lauréats des Grammy Awards sont désignés par un vote des professionnels de l’industrie musicale.

La mise en place d’un hub africain pourrait donc servir de plateforme pour développer les réseaux professionnels, la formation, la défense des droits d’auteur et les échanges entre artistes africains et acteurs internationaux.

Pour l’heure, le Kenya, le Nigeria et l’Afrique du Sud restent les trois pays cités comme candidats à l’accueil du siège ou hub africain, la Recording Academy n’ayant pas encore annoncé officiellement le pays qui sera retenu.