Urgent

Deux ugandais abattus à Nyagatare au moment ou Tshisekedi pousse la médiation entre le Rwanda et l’Uganda

Redigé par IGIHE
Le 13 novembre 2019 à 04:15

Un détachement de la Police rwandaise du Secteur Tabagwe en District Nyagatare a tiré sur deux citoyens ugandais entrés illégalement sur le territoire rwandais et transportant des marchandises de contrebande. Cet incident est survenu vers trois heures du matin de ce 10 novembre 2019.

La Police Nationale Rwandaise a sorti un communiqué donnant sa version des faits à ce propos :

« La Police Anti Fraude et des Frontières en district Nyagatare, secteur Tabagwe, frontalier avec l’Uganda, a aperçu un groupe de gens soupçonnés de transporter des marchandises de contrebande. Ce groupe tentait d’entrer illégalement au Rwanda venant de district Rukiga ugandais voisin en utilisant des voies détournées. Ils ont fait violence aux agents de Police rwandaise qui ont usé de la légitime défense en tirant sur eux. Deux sont morts, Job Ebindishanga, 32 ans, et Bosco Tuheirwe, 35 ans . Un autre a pu fuir en Uganda ».

En mai dernier, d’autres contrebandiers ugandais ont subi le même sort. Ils montrent par là un malaise patent de non commerce entre le Rwanda et l’Uganda.

Réconcilier les deux parties, Tshisekedi trouve l’équation insoluble
Ces tueries sont des manifestations d’un problème très profond qui existe entre les régimes ugandais et rwandais. La décision du Rwanda de fermer les frontières fait suite au fait que Kampala ne veut pas cesser de prêter un soutien actif aux mouvements de dissidents rwandais (FDLR/Forces Démocratiques de Libération du Rwanda et RNC/Rwanda National Congress) qu’il arme et encadre pour une possible tentative d’attaquer le régime de Kigali.

« Kampala et Kigali sont à couteaux tirés depuis des mois. Malgré un protocole d’accord signé il y a plusieurs mois entre les deux pays sous l’égide de Félix Tshisekedi et de son homologue angolais Joao Lourenco, le torchon brûle toujours entre les deux voisins. Le président congolais s’était vu confier par la région la mission de réconcilier les deux capitales. Mais selon un haut responsable sécuritaire congolais, les deux chefs d’État ne voulaient rien entendre », rapporte la RFI de ce 9 novembre 2019 faisant allusion à la récente visite à Kampala du Président rdcongolais, Félix Tshisekedi.


Des méthodes fortes indésirables

Une opinion publique rwandaise qui visite les sites d’information rwandais n’approuve pas la dernière solution adoptée par les forces de l’ordre de part et d’autre des frontières qui trouvent qu’il faut, pour mieux décourager les mouvements entre les deux pays, tirer à bout portant contre des contrebandiers ugandais (Rwanda) ou torturer à mort des sujets rwandais en voyage en Uganda.

Un mediateur de crampe necessaire

D’où viendra-t-il un médiateur suffisamment écouté par les deux parties pour dégeler les relations rwando-ugandaises comme la dame anglaise Clare Short dans le début des années 2000 où elle a pu efficacement désamorcer la bombe entre les deux régimes ?

En ce 12 novembre, au cours de la cérémonie officielle de remise des corps des deux contrebandiers, le Maire de Nyagatare (Rwanda) s’est adressé à sa collègue de Rukiga (Uganda), la priant de sensibiliser ses citoyens à ne plus tenter de faire entrer au Rwanda de telles marchandises de contrebande. « Nous ne tolérons pas une telle activité illégale », a dit le Maire de Nyagatare lançant ainsi un message fort à la partie ugandaise et optant délibérément de ne pas voir la souffrance des peuples qui ont fait des échanges transfrontaliers depuis la nuit des temps.


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