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Deux nouveaux Rwandais torturés puis déportés d’Uganda en piteux état

Redigé par IGIHE
Le 17 juillet 2019 à 04:30

Les services de l’ordre et de sécurité ugandais font toujours preuve de brutalités dans l’arrestation arbitraire et traitement inhumain des voyageurs rwandais en Uganda.
Bernard Rwagasore, 42 ans, et Jean damascene Baziruwiha, 47 ans, récemment déportés et jetés à la frontière ugando rwandaise de Kabale en leur montrant le chemin menant àleur pays.

Ils racontent comment, l’année dernière 2018, ils se sont rendus en Ouganda à la recherche d’opportunités économiques - comme c’est souvent le cas pour les citoyens des États partenaires de la Communauté de l’Afrique de l’Est qui traversent fréquemment les frontières au sein du bloc, pour se retrouver dans les geoles ugandaises avant d’etre expulses de ce pays pour le simple fait d’etre des Rwandais.


Les deux comperes racontent leur Odyssee.

Rwagasore entre en Uganda la recharche d’une embauche. Il trouvera plus tard à se placer comme jardinier d’école dans le district de Wakiso, tandis que Baziruwiha commencera l’activité de pêche sur le bord du lac Victoria, un espace prisé des pêcheurs de toute la région.

Peu de temps après, les deux hommes se sont également intégrés aux communautés locales et sont devenus membres actifs d’une église locale sous l’égide de l’Église pentecôtiste internationale de l’Ouganda, ou ADEPR-PCIU, née de l’Association des églises pentecôtistes au Rwanda (ADEPR).

Ils ne savaient pas que les autorités leur jetteraient une fois en prison parce qu’ils étaient rwandais.

Ils ont été arrêtés tous les deux le même jour et détenus pendant des mois avant d’être finalement expulsés d’Uganda ce dimanche, 14 juillet dernier.

Les problèmes ont commencé tôt cette année, a déclaré Baziruwiha à la presse mardi, alors que des habitants du quartier ont commencé à le harceler, en plein service de messe, simplement parce qu’il était rwandais.

Le jour fatidique de la fin du mois de mai, alors qu’il rentrait chez lui de son travail, son téléphone sonna qu’il décrocha. C’était un agent de la sécurité intérieure du district (OSID) qui le convoquait à son bureau.

Il fut un peu gêné mais haussa les épaules et se prépara à se rendre au bureau.

Il n’avait pas pensé que de petites incompréhensions avec certains membres de son église allaient aboutir à une convocation par un agent de sécurité. Néanmoins, le lendemain matin, il rassembla les documents de l’église qu’il jugeait pertinents et les rapporta au bureau de l’ OSID.

Arrivé au bureau de l’ OSID, il est surpris de l’interrogatoire auquel il a été soumis.

« Qui vous a donné la permission de venir et fonder une église ici ? », lui a-t-il été demandé par cet officer investigateur ajoutant : « Il m’a également dit que sa mission était d’éliminer tous les Rwandais de la région ».

Baziruwiha et Rwagasore ont été arretes et emprisonnés.
Le lendemain, un officier de police leur a demandé : « Alors, vous êtes tous deux des agents des Services de renseignement rwandais ? Vous êtes ceux que votre pays a envoyés pour espionner ? » Les questions qui leur étaient posées étaient troublantes.

Mais ils pensaient naïvement que toute cette saga était juste une erreur ou une sorte de malentendu et que tout allait s’éclaircir avec le temps. Plus tard, en prison, ils ont échangé avec deux femmes rwandaises détenues dans le même établissement et ont appris que les principaux pasteurs de leur église, tous Rwandais, avaient également été arrêtés et emprisonnés dans un lieu inconnu.

« Cette information m’a vraiment fait peur. Si nos principaux pasteurs avaient été arrêtés, je me demandais, ce qui allait advernir à nous, gens ordinaires ? J’étais inquiet. Nous avons commencé à prier », a déclaré Baziruwiha.

Ils ont entendu parler de la disparition de Rwandais, mais ils ne se sont jamais imaginés qu’ils aussi pourraient un jour être des victimes, ont-ils déclaré.

Depuis 2017, des centaines de Rwandais ont été arrêtés par des agents de sécurité ougandais puis détenus au secret et torturés. De nombreuses personnes qui ont été relâchées depuis ont été informées de traitements odieux infligés par des personnes liées à l’armée ugandaise au cours de leur détention dans des "safe houses". Tant d’autres sont toujours portées disparues.

Les éléments de preuve montrent de plus en plus l’implication de l’Uganda dans un complot anti-rwandais, y compris un soutien manifeste à des groupes dissidents et armés tels que RNC et les FDLR ; ces derniers étant composés d’éléments idéologiquement liés aux forces largement accusées du génocide de 1994 contre plus d’un million de vies des Tutsi du Rwanda.

Les victimes ont également cité des dissidents rwandais bien connus ayant procédé à des arrestations arbitraires de Rwandais en Uganda. Ces dissidents ont menacé les personnes arrêtées de torture ou de meurtre si elles n’acceptaient pas de se joindre à une rébellion armée contre le gouvernement de Kigali.

Arretes pour le fait d’etre Rwandais

Dans cet ordre d’idées, des centaines de ses ressortissants rwandais en voyage d’affaires en Uganda ont été arrêtés, détenus au secret dans des conditions inhumaines, torturés et privés de toute visite consulaire ou familiale, puis déportés au Rwanda.

Après un long et dur séjour dans les cachots, Baziruwiha et Rwagasore ont eu le privilège d’être traduits en justice. Le procès s’est conclu au classement pur et simple de l’Affaire motivé par la décision du juge qui a décidé que « seule une juridiction supérieure avait le mandat de juger notre affaire compte tenu de sa gravité ».
Poursuivis en justice, enfilent l’uniforme rouge
« Nous avons alors été ramenés dans une prison où nous avons rejoint une quarantaine d’autres Rwandais qui, contrairement à notre mésaventure, n’avaient jamais comparu devant un juge alors qu’ils avaient été détenus durant des années », ont confié Baziruwiha et Rwagasore qui, disent-ils, ont alors enfilé l’uniforme rouge de prisonniers classés dans la catégorie de « criminels très dangereux ».

Baziruwiha a confié à la presse que les deux infortunés prieurs se sont décidés à, sachant le niveau de corruptibilité des agents de la justice ugandaise, engager leur ami commun à négocier du prix de 250.000 Frw soit un million de shillings avec le juge pour qu’ils soient libérés.

« Celui-ci a modifié l’acte d’accusation à leur encontre », a dit Baziruwiha heureux de voir que le juge a reformulé l’infraction commise de « crime d’être des Rwandais ayant pêché illégalement dans les eaux du Lac Victoria ».
A leur libération assortie d’un ordre à la Police de les conduire à la frontière rwandaise pour leur rapatriement forcé, l’officier de police à qui l’ordre avait été enjoint, a préféré les réarrêter pour être rejettés encore une fois en prison.

« Après avoir passé une semaine supplémentaire en détention, ils nous ont soudainement emmenés au service de l’immigration. Nous y avons été ordonnés d’attendre notre expulsion pour le Rwanda », ont ajouté les deux infortunés qui disent ne pas avoir subi d’actes corporels dégradants, contrairement à la plupart d’autres Rwandais ayant été arrêtés arbitrairement comme eux.


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