Débat négationnisme du Génocide à Gatenga et Kibagabaga : sentiments à fleur de peau

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 11 avril 2016 à 10:07

Depuis le 7 avril 2016, les débats populaires organisés au niveau des cellules administratives du pays ont montré une certaine évolution des mentalités mais de là à introduire un débat intellectuel autour de l’idéologie du négationnisme du génocide, peu de citoyens peuvent intellectualiser cette notion.
A Gatenga, en ce dimanche 10 avril 2016, un des participants qui se réclame chrétien et catholique et congolais rwandophone intervient montrant les manifestations liées à cette idéologie qu’il qualifie (...)


Depuis le 7 avril 2016, les débats populaires organisés au niveau des cellules administratives du pays ont montré une certaine évolution des mentalités mais de là à introduire un débat intellectuel autour de l’idéologie du négationnisme du génocide, peu de citoyens peuvent intellectualiser cette notion.

A Gatenga, en ce dimanche 10 avril 2016, un des participants qui se réclame chrétien et catholique et congolais rwandophone intervient montrant les manifestations liées à cette idéologie qu’il qualifie de satanique.

« Nous étions stables et bien installés en République Démocratique du Congo. Les Interahamwe en fuite, sont venus nous tuer. Nous nous sommes réfugiés au Rwanda », a-t-il dit effectuant un glissement dans le débat sur cette notion difficile à maîtriser.

Un autre intervenant Uzabumwana Eugène préfère relever l’évolution de l’idéologie du génocide et les tentatives d’extermination des Tutsi en 1959, en 1973, en 1992. Mais il revient un peu dans la ligne du débat appréciant le fait que l’East African Community, par le truchement d’EALA /East African Legislative Assembly, « a dernièrement voté une loi réprimant le crime de génocide. Ils ont mis sur pied des stratégies d’évaluation et d’alerte du niveau de nocivité et de sensibilisation de cette idéologie du génocide ».

Sécrétaire Exécutif de Secteur Gatenga, modérateur du débat sur le négationnisme du génocide des Tutsi.

Ici, la notion de négationnisme des Tutsi n’est pas discutée. Est-ce un signe qu’il n’est pas connu par les citoyens de Gatenga qui ont versé ce jour-là 24.600 francs dans un panier de soutien aux rescapés ?

Bernard résidant dans le quartier Rusororo de Gatenga ramène le débat sur les manifestations du négationnisme du génocide des Tutsi. Des criminels de génocide qui, préférant lutter pour leur impunité en Occident, médiatisent à outrance leur idéologie montrant qu’également les Bahutu ont été tués. « Les idéologues du négationnisme font une superposition d’événements de guerre d’octobre 1990 au génocide des Hutus.

Pour eux, les conséquences de la guerre d’Octobre avec les morts accidentels et déplacés du théâtre de guerre, beaucoup de communes de l’ancienne Province de Byumba, Nord et Nord Est du Pays voilà un génocide des Hutu. Le négationnisme du génocide des Tutsi opère par une idéologie connexe, celle du double génocide.

Ce négationnisme tient au fait que les hutus ont tué les tutsi et les tutsi ont tué les hutu. L’idée derrière tout ceci, les génocidaires luttent pour une impunité et, par conséquent, une éventuelle réédition du génocide des Tutsi », a-t-il dit avant de dégager des voies de sorties de cette crise idéologique.

« La seule façon de lutter pour l’éradication de cette idéologie du génocide c’est, outre le débat y relatif, le redoublement d’efforts dans les activités économiques. Ici, un locataire ou un propriétaire de parcelle dans ce quartier urbain est à même de pratiquer un élevage urbain de volailles sur un espace très réduit pour pouvoir s’autosuffire. Si sur un 3x3 mètres carrés on peut élever plus de 70 poussins quitte, 3 mois après à commencer à ramasser 70 œufs par jour. On peut aller plus loin dans l’agriculture urbaine pour accroître la productivité nationale. Cela éviterait le fait que ces idéologies négationnistes et double génocidaires tombent dans des oreilles réceptives », est ainsi intervenu Bernard étonné de voir que les agronomes et vétérinaires actuels ne sont pas motivés à ce propos.

Le conférencier : difficile de maintenir le cap sur le négationnisme. Les participants focalisent sur l’évocation des moments douloureux dudit génocide

« Des tonnes de livres et de journaux occidentaux véhiculent cette idéologie du négationnisme du génocide. Comment contrer cette idéologie qui ne veut que déchirer davantage le tissu national si ce n’est d’abord de lutter pour une accumulation de richesses sociales, de les répartir équitablement et ainsi d’élever les bonnes conditions de vie des ménages ? », a-t-il ajouté montrant que la suite serait d’initier les projets d’écriture démasquant ces idéologues.

Au parlement, des recherches effectuées montrent que néanmoins qu’au niveau de la société rwandaise seuls 27 % se voient dans le prisme de leurs ethnies. Ces chiffres sont mal interprétés par certains hauts responsables du Parlement qui, au lieu de tabler sur ces statistiques pour connaître les raisons profondes de cette identification ethnique, montre l’impact psychologique qu’elle provoque sur le citoyen rwandais.

Sénatrice Jeanne Gakuba au Centre.

En effet, Jeanne Gakuba, Vice présidente du Sénat rwandais au cours de la veillée de Mémoire de ce 10 avril à Kibagabaga, un quartier résidentiel de l’Est de la Ville de Kigali trouve que « tout individu qui s’identifie dans sa Hutité, il est habité par cette idéologie qui va droit au fait qu’à l’occasion il peut recommettre un génocide. Un tutsi qui a une conscience de son ethnie, il ne se sent pas en sécurité. Il trouve qu’à tout moment il peut être tué ».

La prière pour la clôture des travaux de débats

Cette interprétation n’est pas complètement erronée quoiqu’elle n’est pas correcte. Si la sénatrice dit que le travail d’éradication de cette idéologie est long, qu’il doit se faire en sensibilisant par la dissuasion les Rwandais pour s’en départir, non seulement elle croit que toute conscience ethnique est criminelle, mais elle ne donne pas non plus clairement des stratégies de lutte contre cette idéologie qui procèdent par la lutte de tous les instants contre la corruption, la volonté politique de transparence de plus en plus affichée dans la gestion des affaires publiques et dans le recrutement des agents de la Fonction publique et autre occupation judicieuse de postes de responsabilité publique mais aussi et surtout dans les gros efforts de réduction d’écarts criants de redistribution de richesses.


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