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De la déstabilisation du Congo et de l’Afrique en général

Redigé par Deo Ntarugera
Le 5 septembre 2018 à 11:19

La déstabilisation du Congo, de l’Afrique en général, sont le fait des multinationales en collusion avec les gouvernements des états africains. Ces multinationales saignent les pays africains à blanc au point qu’on en arrive à des situations dramatiques bien connues où la société française “Elf aquitaine” accaparait il y a peu tous les revenus pétroliers congolais en versant quelques prébendes aux officiels de l’état congolais, pour ensuite se faire le devoir presque moral de payer les salaires des congolais employés par le gouvernement du Congo Brazzaville, lequel se trouve comme par hasard en état de cessation de paiements ! Quelle bondieusarde de charité chrétienne ! Voire !

Les individus, rebelles ou pas, qui creusent les minerais a la petite semaine d’un pour survivre ; et de deux pour obliger tant soit peu leurs gouvernement à revenir à la raison et aux normes de gestion d’un état moderne ; ceux-là ne sont que du menu fretin. Les gros poissons prédateurs qui sont là à faire clamer leur droit léonin[i] à tue-tête par la France, laquelle France s’advise de monter le gros cheval de l’ONU pour les besoins de la cause, ne réclament en fait qu’une chose fantastique qu’on ne nomme pas encore ! Quoi donc ? Faire main basse sur les ressources naturelles en dépeuplant dans le premier temps les provinces du Kivu en république démocratique du Congo, commençant par la plus riche de ses provinces : le Nord-Kivu.

Si la France et la Belgique commencent à hausser le ton dans les arènes internationales pour se faire octroyer le droit d’envoyer leurs armées au Nord-Kivu, vous pensez que c’est à quel dessein ? Protéger les populations du Nord-Kivu prétendument menacées par les rebelles du M23 ? Hé ? … ?

Des acteurs étatiques et non-étatiques internationaux font collusion avec les gouvernements toujours incapables des états africains pour faire mains basses sur les trésors africains, et renflouer les économies européennes. Voilà la règle, messieurs-dames. Cessez donc de raconter des balivernes aux pauvres africains qui ne se sont pas encore, hélas, réveillés du profond sommeil de la nuit coloniale.

Vous parlez des militaires gouvernementaux et des rebellions qui commencent à ouvrir l’œil sur les produits miniers ? Mais, comment donc ? … c’est à peine qu’ils commencent à gouter a la dolce vita qui a de tout temps été réservée aux seuls aventuriers européens ! … Sur 150 ans écoulés, des compagnies minières et forestières européennes se sont improvisées en Afrique et se sont mis à fonctionner comme une meute de brigands surarmés qui avaient le plein droit d’exécuter dix ou cent personnes parmi les paisibles africains, pour soumettre le reste a l’esclavage, quand ce n’était pas pour s’amuser . Avec l’aval, voire l’encouragement des gouvernements des états européens nécessiteux, ces compagnies ont mis l’Afrique entière à genoux, réduisant les peuples africains aux travaux forces et l’esclavage dans leur propre pays désormais dépourvus d’organisations politiques en vertu du sauvage droit colonial : la loi de la jungle. Jamais il n’a été question de droits humains pendant ces 150 ans !

Aujourd’hui, 60 ans après la fiction de décolonisation de l’Afrique, l’Europe tient à demeurer vorace : il lui faut à tout prix empêcher systématiquement l’émergence des industries et des économies africaines. Faut à tout prix empêcher l’éclosion de la dignité humaine, la paix et la sécurité en Afrique. Une Afrique supposée faite d’états indépendants et souverains, membres de l’Organisation des nations unies. La fameuse ONU qui se met assidument au service des nations occidentales pour écraser les nations africaines qu’elle prétendait décoloniser hier.

Cette indépendance est un leurre. cette souveraineté est une dangereuse fiction qui continue d’hypothéquer la vie des peuples africains ainsi que les relations humaines bien comprises entre européens et africains ! Cette ensorcelante mythologie doit éclater absolument dans l’intérêt bien compris des uns et des autres- africains et européens.

Quant à l’ONU, nous avons là affaire a un vieil instrument suranné, une machine obsolète qui doit être remisée ainsi qu’il en va des vieux instruments. L’ONU doit être reléguée au musée des antiquités. Il est de ces instruments qui servent, et servent bien parfois. Mais quand les temps changent, ces instruments finissent par desservir l’homme plutôt qu’a le servir, du fait de vétusté, d’archaïsme ou d’obsolescence. L’ONU est de ceux-là aujourd’hui.

G.W. Bush disait de l’ONU en septembre 2003 en séance plénière de l’Assemblée Générale des Nations unies (et je le cite de mémoire, verbatim presque) : « The United Nations Organization has today become an irrelevant and redudant organization ». Traduction : “L’Organisation des nations unies est aujourd’hui devenue inutile et redondante”. Bush le jeune parlait en qualité de président des Etats unis d’Amérique. Il ne s’adressait pas à un quidam au hasard d’une conversation de salon ou de cabaret. Il s’adressait plutôt à l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York : c’est-à-dire le plus officiellement du monde.

Ne voilà-t-il pas que l’ONU s’empresse vachement à faire la guerre aux populations de l’est du Congo Kinshasa qui réclament la bonne gouvernance avec le M23, après avoir installé depuis 15 ans une tutelle de facto sur la république démocratique du Congo ? Pourquoi étouffe-t-on les nations africaines ? C’est parce qu’on ne veut pas les voir exister comme des entités politiques réellement souveraines. La réalité est en fait que dans ces fameuses nations unies, il y a cinq drapeaux et une multitude de mâts :comme disait Stanislas Adotevi en 1971 dans son bel ouvrage intitulé Negritude et Negrologues. Cinq grands états dont 3 ont colonisé l’Afrique sont seuls à décider de la marche de la planète ! Très dangereux. Depuis 20 ans, le principe a été admis que l’Afrique soit valablement représentée au Conseil de sécurité des Nations unies de manière à y avoir au moins un état africain qui soit un membre permanant disposant du droit de véto comme lesdits cinq grands. Ce principe n’a jamais été entériné. Pourquoi ? Allez savoir ! L’Afrique demeure sans paix, sans sécurité, sans développement pour la bonne raison qu’elle demeure écartée du dispositif de prise de décisions importantes la concernant.

Seule l’Europe doit avoir la paix et la sécurité. L’Amérique est une récente extension de l’Europe, remarquez bien. Seule l’Europe doit avoir des économies fonctionnelles constamment ressourcées par la même Afrique ; laquelle Afrique doit à toutes fins utiles demeurer pauvre, instable et insécure ! Des stratagèmes et des astuces juridiques doivent être mis sur pied pour les besoins de la cause. L’Europe se condamne à terme sans le savoir en gardant l’Afrique sous le joug des astuces dirimants du droit international établis sans l’avis des africains. Les africains demeurent des enfants qui ne grandissent pas ! Des histrions qui doivent jouer un théâtre dont le script a été préétabli par l’Europe !

Seuls les fils et filles de l’Europe doivent connaitre la paix, la sécurité, la prospérité. Ils doivent toucher un salaire européen en Afrique. Aux compétences égales, un africain doit gagner 300 dollars américains pendant qu’un européen gagne entre 10 000 et 20 000 dollars !

Pourquoi cette discrimination officielle dans une Afrique supposée indépendante ? supposément pour permettre aux européens de continuer à vivre décemment en milieux africains ; à habiter les anciennes résidences coloniales, pendant que les africains ayant compétences et diplômes égaux continuent à croupir dans les insalubres anciens quartiers indigènes réservés aux boys des blancs coloniaux : ces boys à qui on disait hier : –“Hey, mon singe !”. Et eux de répondre : –”Oui, patron !”. (Des africains singent le Blanc colonial en disant aux subalternes : “Musenzi”, une corruption de “mon singe”).

Là est le hic, messieurs-dames ! Il se cache là une haïssable indécence qui se cache dans ce piège que se tend l’Europe elle-même. Piège dans lequel elle risque de se trouver faite, dans le sens où l’on dit d’un rat pris dans un piège qu’il est fait. Cette indécence issue de la claustration raciale empêche précisément l’éclosion de dignes relations humaines que la jeunesse européenne et africaine voudrait plutôt harmonieuses, aujourd’hui et demain. Car, véritablement, l’Homme que les uns et les autres doivent être n’est pas dans leur chair, et pas davantage dans la couleur de leur peau. L’heure est venue de libérer les grandes énergies créatrices que l’Humanité a malencontreusement enfermées en deux dangereux lieux ou mythes hautement rédhibitoires, pendant les six derniers siècles modernes : « le Blanc et le Noir ». L’Afrique n’est pas noire. Et l’Europe n’est pas blanche, sapristi ! Rimbaud, Lautréamont, Aime Césaire, Frantz Fanon et James Baldwin sont heureusement de braves catalyseurs de cette alchimie raciste.

Pourquoi voulez-vous pérenniser la colonisation et l’esclavage en Afrique, messieurs-dames d’Europe ? Départissiez-vous de ce sinistre complexe de supériorité devant donner lieu à des régimes spéciaux de droits dans une Afrique que vous vous entichez à garder comme une zone de non-droit, depuis le jour où les élans pugnaces du communisme soviétique ont forcé Eisenhower, président des états unis d’Amérique, a vous obliger sans autre forme de procès, de décoloniser l’Afrique en catastrophe. Une brave colonie française venait d’administrer une cuisante défaite aux armées d’une puissance coloniale- LA FRANCE. Quelle colonie ? LE VIETNAM. Quand ? en 1954. Où ? Dien Bien Phu. Eisenhower a eu peur ! La peur du péril rouge, comme on disait. Le péril rouge signifiait la menace du communisme à l’époque de la guerre froide qui couvre le demi-siècle allant de l’An 1945 marquant la fin de la 2nde guerre mondiale, à l’An 1989, soit la chute du Mur de Berlin et l’effondrement de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).

(1)[i] Le droit léonin, qu’est-ce ? C’est la loi de la jungle, sapristi ! « Omnia vobis capio, quia ego nominor Leo … » : « Je vous prends tout, car je m’appelle Lion …, et s’il y a l’un ou l’autre qui ose ouvrir sa gueule pour protester, hein ! il passe de vie a trépas : je lui administre la mort séance tenante. Tenez-le vous pour dit. Ce que dit le Lion est un édit. C’est la loi. Point final » Voila « le droit léonin », dames et sieurs. Et la R d Congo est une vaste jungle de 2.400.000 kms carrés : c’est donc le domaine du Lion. Pourquoi, direz-vous, doit-on chercher noises à la France et l’ONU ?

L’auteur de ce texte l’a publié pour la première fois le 10 septembre 2013 aux temps forts du M23


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