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Cameroun : Assassinat de la Secrétaire Marafa. Comment Yaoundé veut noyer un crime d’Etat.

Redigé par Camer.be
Le 24 juin 2014 à 12:03

Sous le prétexte qu’il a été retrouvé avec un téléphone-portable appartenant à feue Soppo Mbango, un étudiant rwandais est pointé du doigt par la justice camerounaise comme l’auteur de l’assassinat en janvier dernier de la secrétaire particulière de l’ex-ministre d’Etat chargé de l’Administration Territoriale et prisonnier politique, selon la communauté internationale. Sans pour autant qu’on y voit un lien direct entre le téléphone de la défunte retrouvé chez le jeune homme et son assassinat par ce dernier. (...)

Sous le prétexte qu’il a été retrouvé avec un téléphone-portable appartenant à feue Soppo Mbango, un étudiant rwandais est pointé du doigt par la justice camerounaise comme l’auteur de l’assassinat en janvier dernier de la secrétaire particulière de l’ex-ministre d’Etat chargé de l’Administration Territoriale et prisonnier politique, selon la communauté internationale. Sans pour autant qu’on y voit un lien direct entre le téléphone de la défunte retrouvé chez le jeune homme et son assassinat par ce dernier.

A en croire l’hebdomadaire camerounais Kalara (spécialisé dans le traitement de l’actualité judiciaire), édition du 16 juin dernier, l’ « assassin » de la secrétaire particulière de l’ex-ministre camerounais de l’Intérieur et prisonnier politique selon la communauté internationale, Marafa Hamidou Yaya est connu. Il s’agit de Victor Muvandimwe, 21 ans et étudiant à l’Université de Yaoundé I. Ce dernier, à en croire notre confrère séjourne en ce moment à la prison centrale de Kondengui. Le 13 juin 2014, le tribunal de grande instance du Mfoundi l’a inculpé pour « assassinat ».

Le tort de ce jeune Rwandais est de s’être retrouvé avec un téléphone-portable de marque Samsung Galaxy 2 qui appartiendrait à Christiane Soppo Mbango. D’après la police, rapporte le journal, Victor Muvandimwe est soupçonné d’avoir subtilisé ce téléphone au domicile de la défunte le jour où elle a été tuée. Mais le concerné s’en défend en indiquant qu’il s’est régulièrement procuré l’appareil à l’avenue Kennedy (espace marchand très célèbre au centre ville de Yaoundé) à 45 000 F Cfa.

Affaire Vanessa Tchatchou, un précédent emblématique

L’on peut se demander, fort de ce qui précède, quel est le lien entre le téléphone-portable de la victime qui s’est retrouvé entre les mains d’un étudiant rwandais et son assassinat par ce dernier ? Pourquoi les autorités juridico-policières de Yaoundé s’arc-boutent sur la thèse de l’assassinat (plutôt que celle du recel) si ce n’est par souci de noyer le poisson ? Ne s’agit-il pas là d’une stratégie visant à couvrir les vrais assassins de Soppo Mbango et leurs commanditaires ?

Le pouvoir en place au Cameroun a toujours plus d’un tour dans son sac pour sauver sa face et lustrer son image. On l’a vu dans l’affaire Vanessa Tchatchou, du nom de cette jeune mère dont le bébé a été volé en août 2011 dans un hôpital de Yaoundé. Alors que l’opinion nationale et internationale s’indignait contre un tel mépris vis-à-vis de l’humaine condition, les autorités camerounaises ont brandie une reprise de justice du nom d’Alabi Ngwa qui, selon elles, aurait subtilisé le bébé à sa naissance avant qu’il ne trouve la mort. La dépouille du nouveau-né, d’après cette version officielle, a été inhumé par la jeune Alabi Ngwa à Nkoteng (à une centaine de kilomètres de Yaoundé).

Soigner l’image du Cameroun à l’international

C’est le 23 janvier dernier que le corps de Christiane Soppo Mbango, secrétaire particulière de Marafa pendant plusieurs années, a été découvert à son domicile au quartier Bastos à Yaoundé avec des traces de violences et de tortures. Quelques mois plus tard, dans une lettre au chef de l’Etat, l’ex-ministre de l’Administration Territoriale, incarcéré depuis juin 2012 au siège de la gendarmerie nationale à Yaoundé pour »détournements de fonds » ne s’est pas fait d’illusion en parlant d’ « assassinat politique ».

Cet assassinat avait suscité l’émoi de l’opinion internationale. La presse française, notamment Rfi et le journal Libération, en a fait large écho.
Est-ce par souci de préserver son image que le pouvoir se précipite à trouver un coupable ? That’s the question.


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