Dans un message publié sur X ce dimanche, Édouard Bizimana, qui est également président du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA), commentait une intervention diffusée sur Public Sénat. Il estimait que « les FDLR ne seraient qu’un alibi utilisé pour dissimuler les véritables motivations de la guerre imposée au peuple congolais », ajoutant que toute solution durable devait tenir compte de cette réalité.
Cette déclaration a provoqué une réaction particulièrement ferme du ministre rwandais des Affaires étrangères, Amb. Olivier Nduhungirehe, qui a notamment rappelé au ministre burundais sa double fonction de ministre et de président du Conseil exécutif de l’UA, ainsi que les précédentes résolutions de l’UA condamnant les FDLR.
« S’il ne lit pas les documents de l’organisation qu’il préside, permettez-moi de lui rappeler que l’Union africaine a adopté plusieurs résolutions condamnant les FDLR, une force génocidaire, et appelant à leur désarmement et à leur rapatriement.
Permettez-moi également de lui rappeler que l’Union africaine, à travers sa médiation, soutient sans réserve les Accords de Washington, qui ont été signés en présence du président Évariste Ndayishimiye », a-t-il indiqué.
Notant que le gouvernement de la RDC avait signé l’Accord de paix de Washington du 27 juin 2025 ainsi que les Accords de Washington pour la paix et la prospérité du 4 décembre 2025, dans lesquels il s’est engagé à neutraliser les FDLR, Nduhungirehe s’est interrogé sur la manière dont Édouard Bizimana, dont le pays n’est pas signataire de ces Accords, pouvait « sortir de nulle part » pour affirmer que les FDLR sont un « alibi » – quoi que cela puisse signifier.
« Il est consternant de constater que le président du Conseil exécutif de l’Union africaine, dont l’armée collabore avec les FDLR dans l’est de la RDC, continue de nier l’existence d’une force génocidaire qui a été condamnée à plusieurs reprises par l’organisation même qu’il préside », a-t-il ajouté.
Les FDLR sont un groupe génocidaire créé en RDC après le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994. Plusieurs responsables et membres des structures dont sont issues les FDLR comptent parmi les auteurs de ce génocide, au cours duquel plus d’un million de personnes ont été méthodiquement massacrées en seulement trois mois.
Le Rwanda considère depuis plusieurs années que la présence de ce groupe armé à ses frontières constitue une menace directe pour sa sécurité.
Le groupe génocidaire est également accusé de massacres de populations civiles, d’exécutions sommaires, de déplacements forcés, de violences sexuelles, d’enlèvements et de recrutement et d’utilisation d’enfants dans les combats, ainsi que de graves exactions contre les populations civiles dans l’est de la RDC.
La menace des FDLR ne se limite toutefois pas au Rwanda, leur présence armée dans l’est de la RDC constituant également une source majeure d’instabilité pour l’ensemble de la région des Grands Lacs, alors que le Conseil de sécurité estime notamment que leur neutralisation reste essentielle à la stabilité de la RDC et de la région.
« L’Union africaine devrait faire preuve de sérieux et éviter, à l’avenir, de confier les rênes de notre précieuse organisation à des personnes qui, manifestement, n’ont pas les capacités nécessaires pour la diriger », a conclu le ministre Nduhungirehe.





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