Bisimwa s’exprimait à l’occasion de la commémoration du 22ᵉ anniversaire du massacre de Gatumba, au cours duquel des réfugiés congolais, majoritairement Banyamulenge, avaient été tués dans un camp situé près de Bujumbura. Selon plusieurs sources, 166 personnes avaient été tuées et 106 autres blessées lors de l’attaque des 13 et 14 août 2004.

Dans son intervention, Bertrand Bisimwa a accusé les forces gouvernementales congolaises et leurs alliés, notamment les forces burundaises, les FDLR, les Wazalendo et des combattants étrangers, de faire peser une menace sur les populations de Minembwe.

Selon lui, les opérations de l’AFC/M23 dans cette partie du Sud-Kivu répondraient à la nécessité de protéger les populations banyamulenge et d’empêcher la répétition des violences de Gatumba.

Cette position reprend les accusations formulées par Bisimwa en juin 2026 après le bombardement signalé de l’hôpital général de Minembwe.

L’AFC/M23 affirme que la protection des civils relève de sa « responsabilité patriotique », une position que Bertrand Bisimwa avait déjà défendue en mars 2026.

« Éviter un second Gatumba »

Le massacre de Gatumba reste particulièrement sensible pour la communauté banyamulenge. L’attaque perpétrée par des combattants, dont plusieurs membres des Forces nationales de libération (FNL), dans un camp de réfugiés à Gatumba, dans l’ouest du Burundi, avait fait au moins 152 morts parmi les civils congolais et 106 blessés, selon Human Rights Watch. Les victimes étaient majoritairement banyamulenge.

Le bilan a, par la suite, été réévalué à 166 victimes, chiffre retenu lors de plusieurs commémorations et dans des rapports ultérieurs.

À l’occasion du 22ᵉ anniversaire, plusieurs représentants de la communauté banyamulenge ont renouvelé leurs appels à la reconnaissance du massacre et à la justice pour les victimes.

Bisimwa affirme que l’AFC/M23 ne veut pas seulement dénoncer la situation sécuritaire à Minembwe, mais entend maintenir ses forces sur le terrain afin d’empêcher que la région ne connaisse un « second Gatumba ».

Il accuse ainsi les autorités de Kinshasa et leurs alliés de faire peser une menace existentielle sur les Banyamulenge.

La référence à Gatumba intervient alors que Minembwe demeure l’un des foyers de tensions dans les hauts plateaux du Sud-Kivu. L’AFC/M23, qui s’est alliée à des groupes armés actifs dans cette région, notamment Twirwaneho, affirme vouloir y assurer la sécurité des populations qu’elle considère comme menacées.

Bertrand Bisimwa, affirme que les opérations menées par le mouvement dans la région de Minembwe, visent notamment à empêcher que les Banyamulenge ne soient victimes d’un massacre similaire à celui de Gatumba