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ASF/Avocats sans Frontières ferme boutique au Burundi protestant contre l’ethnocentrisme

Redigé par IGIHE
Le 20 décembre 2018 à 12:07

ASF dit ne plus tenir de la politique de ségrégation ethnique étendue dans les administrations privées et celles des ONGs au Burundi. Aussi en guise de protestation, ferme-t-elle son bureau dans le pays. Tout en approuvant cette révolte, une certaine opinion semble trouver qu’une telle décision ne peut pas lui servir à apprécier l’étendue des dégâts sociaux qu’une telle idéologie ségrégationniste, une réédition depuis le régime Habyarimana du Rwanda voisin, va occasionner sur le territoire burundais.

Il s’agit de la première ONG étrangère à prendre cette décision, à quelques jours de la fin de l’ultimatum imposé par le gouvernement pour mettre en place des quotas d’employés : 60 % de Hutus et 40 % de Tutsis.

Les autorités burundaises ont suspendu toutes les organisations étrangères et leur ont donné jusqu’au 31 décembre pour se conformer à la nouvelle loi. Le texte entré en vigueur début 2017 impose un très strict contrôle des finances et frais administratifs, ainsi que des quotas pour les employés : 60 % de Hutus et 40 % de Tutsis. Directrice générale de l’ONG Avocats sans frontières, qui a décidé de fermer son bureau dans le pays, Chantal van Cutsem refuse de mettre en place ces dispositions.

« Devoir quitter le pays en laissant en plan les actions en faveur de la population est une décision très difficile à prendre mais nous avons fait l’analyse des choses et nous estimons que nous n’avions pas d’autres choix pour rester intègres par rapport à nos valeurs et notre mandat, explique-t-elle. Les autorités nous ont demandé de soumettre un plan de rééquilibrage ethnique. Obliger les gens à parler de leur ethnie nous pose problème ».

« Nous nous posons beaucoup de questions sur la légalité de ces dispositions au regard du droit national et international et, évidemment, on peut mettre de côté les éléments politiques qui motivent des politiques de discrimination positive ethnique, poursuit Chantal van Cutsem. Je voulais juste mettre en avant, peut-être, la différence qu’il y a eu quand on a parlé de ces équilibres ethniques dans le cadre des accords d’Arusha[abrogés en mai 2018 et qui avaient permis de mettre un terme à la guerre civile] où il s’agissait d’un rééquilibrage des pouvoirs au niveau des institutions étatiques.

Rechercher cet équilibre au niveau de la société civile n’a pas, pour nous, les objectifs que ces clauses d’équilibre ethnique qui sont dans les accords de paix d’Arusha ».

Avec RFI


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