Cet événement a également été marqué par la première cérémonie de remise du « Prix pour la Transformation de l’Enseignement Supérieur » (AHEFT Prize), qui récompense les établissements qui favorisent une transformation durable de l’enseignement supérieur.
Autour du thème « Repenser l’enseignement supérieur pour le développement du capital humain en Afrique », les participants ont passé en revue les bases nécessaires pour renforcer les systèmes d’enseignement supérieur, afin d’en garantir la qualité et d’avoir un impact durable auprès des jeunes Africains.
Les discussions ont porté sur la transformation des universités en moteurs d’innovation et de résolution des problèmes, l’adaptation des formations aux besoins du marché du travail, la recherche appliquée, les technologies émergentes et le renforcement des partenariats avec le secteur privé. Les jeunes ont également appelé à une meilleure prise en compte de leurs expériences et aspirations dans les décisions concernant l’éducation, l’emploi et les opportunités.
Pour Sewit Ahderom, présidente-directrice générale de la Fondation Mastercard, la transformation doit bénéficier à l’ensemble de l’économie.
« La transformation ne consiste pas simplement à créer une meilleure université, mais une université qui permet à l’ensemble de l’économie qui l’entoure de mieux fonctionner au profit des jeunes. »
Elle a notamment cité quatre priorités : des programmes conçus avec les employeurs, des diplômes fondés sur les compétences, la maîtrise des technologies émergentes et une recherche davantage connectée à l’industrie, aux pouvoirs publics et à la société.
Un enjeu économique pour l’Afrique
De son côté, Dr John Nkengasong, directeur général chargé de l’Enseignement supérieur, des Collaborations et des initiatives stratégiques à la Fondation Mastercard, a souligné le potentiel de la jeunesse africaine.
« La population africaine, jeune et en pleine croissance, représente l’une des plus grandes opportunités de notre écosystème. »
Il a appelé les universités à former et retenir les talents, stimuler l’innovation et créer des parcours vers des emplois dignes.
« La transformation de l’enseignement supérieur est un véritable impératif économique. »
Selon lui, cette évolution nécessite des partenariats entre pouvoirs publics, universités, entreprises, investisseurs et partenaires au développement.
Les échanges s’inscrivent dans la Décennie de l’éducation et des compétences de l’Union africaine (2025-2034) et les objectifs de l’Agenda 2063.
Le professeur Saidou Madougou, directeur du Département de l’éducation, des sciences, de la technologie et de l’innovation de l’UA, a pour sa part rappelé que l’enseignement supérieur représente en moyenne moins de 0,8 % du PIB, tandis que la recherche et le développement bénéficient de moins de 0,5 % des budgets nationaux.
« Nous devons renforcer la collaboration entre nos universités, développer la mobilité des enseignants et des étudiants », a-t-il affirmé, appelant également à faciliter la circulation transfrontalière des talents, des connaissances et de l’innovation.
Cinq établissements récompensés
Les cinq lauréats 2026 sont l’Université d’Addis-Abeba (Éthiopie), 2iE (Burkina Faso), l’Université Kwame Nkrumah des sciences et technologies (KNUST) (Ghana), Muni University (Ouganda) et l’Université du Rwanda.
Chaque établissement recevra 3 millions de dollars pour développer ses initiatives transformatrices. Le prix s’appuie sur un engagement de 500 millions de dollars et doit soutenir au moins 150 établissements africains au cours de la prochaine décennie.
La présidente du jury, Susan Chomba, a indiqué que les candidatures témoignaient d’une forte volonté de changement.
« Les premiers lauréats se sont distingués par des approches ambitieuses, ancrées dans leur contexte propre. »
Les lauréats ont également expliqué leur vision. Professeur El Hadji Bamba Diaw, directeur général de 2iE, a évoqué plusieurs décennies d’efforts.
« C’est l’aboutissement de plusieurs décennies d’efforts consacrés à offrir aux jeunes Africains une formation scientifique et technique inclusive et de grande qualité. »
Le président de l’Université d’Addis-Abeba, Samuel Kifle, a quant à lui souligné la place de la jeunesse dans le processus : « La plus grande richesse de l’Afrique réside dans sa jeunesse. »
Le vice-chancelier de KNUST, Professeur Christian Agyare, a, lui, estimé que le prix récompensait l’action de l’établissement pour transformer les vies et les systèmes.
« Nous sommes très heureux de remporter ce tout premier prix AHEFT. »
À Muni University, le vice-chancelier, Professeur associé Anguma Simon Katrini, a insisté sur l’ancrage communautaire des universités.
« Les universités doivent sortir de leur tour d’ivoire pour aller à la rencontre des gens. »
L’Université du Rwanda distinguée pour la formation en santé
Le vice-chancelier de l’Université du Rwanda, Professeur Kayihura M. Didas, a indiqué que cette distinction confirmait l’engagement de l’établissement dans la formation des professionnels de santé.
« Cette reconnaissance confirme l’engagement de l’Université du Rwanda à former des professionnels de santé capables de répondre aux besoins de notre pays et de nos communautés. »
Il a également souligné le soutien de la Fondation Mastercard à l’enseignement, à la recherche et à l’innovation en santé, afin de transformer les connaissances et les recherches en actions concrètes au service des communautés.
Les candidatures pour l’édition 2027 seront ouvertes dans le courant de l’année. Les établissements africains engagés dans une transformation durable sont invités à participer.
Les participants à la rencontre d’Accra ont été appelés à identifier, d’ici 2028, les changements systémiques permettant de renforcer les liens entre éducation, emploi, recherche et investissement.
La Fondation Mastercard, créée en 2006, est un organisme caritatif canadien indépendant. Son programme Young Africa Works vise à permettre à 30 millions de jeunes, particulièrement les jeunes femmes, d’accéder à un travail décent d’ici 2030, tandis que son programme EleV accompagne 100 000 jeunes autochtones au Canada vers les études et l’emploi.







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