Le texte appelle à une représentation cartographique plus fidèle des superficies réelles de l’Afrique et des autres régions du monde, notamment à travers des projections équivalentes comme Equal Earth.

La résolution a recueilli 164 voix pour, dont celle du Rwanda, six abstentions et une seule voix contre, celle des États-Unis. Elle n’est pas juridiquement contraignante, mais encourage les gouvernements, les établissements scolaires, les éditeurs, les médias et les plateformes numériques à favoriser progressivement des cartes représentant plus fidèlement les superficies terrestres.

L’initiative « Correct the Map » est portée par le Togo avec le soutien de l’Union africaine (UA). En février 2026, les dirigeants de l’UA avaient déjà approuvé cette initiative visant à corriger les représentations cartographiques qui réduisent visuellement la taille réelle de l’Afrique. L’organisation continentale avait notamment cité la projection Equal Earth parmi les alternatives permettant de mieux respecter les superficies.

Après le vote à l’ONU, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, s’est félicité de l’adoption de la résolution et a appelé les institutions internationales, les systèmes éducatifs, les éditeurs et les plateformes numériques à promouvoir progressivement des représentations cartographiques plus fidèles.

La projection de Mercator, créée en 1569 par le cartographe Gerardus Mercator, avait principalement été conçue pour faciliter la navigation maritime. Bien qu’elle présente l’avantage de conserver les angles et donc de faciliter la représentation des directions, elle déforme toutefois considérablement les superficies, surtout à mesure que l’on se rapproche des pôles.

Cette déformation explique notamment pourquoi le Groenland paraît presque comparable à l’Afrique sur certaines cartes de Mercator, alors qu’en réalité, l’Afrique est environ 14 fois plus grande que le Groenland.

La projection donne également une apparence disproportionnée à des territoires situés à proximité des pôles, tandis que les régions proches de l’équateur sont relativement moins agrandies. L’Afrique, dont une grande partie se situe autour de l’équateur, paraît ainsi beaucoup plus petite qu’elle ne l’est réellement.

Pour l’Union africaine et les promoteurs de l’initiative, la question dépasse la seule cartographie, expliquant que la manière dont les territoires sont représentés peut influencer la perception de leur importance géographique, économique et politique.

L’UA, qui estime ainsi que la correction des cartes doit contribuer à présenter l’Afrique « dans ses véritables dimensions et à sa juste place dans le monde », prévoit de poursuivre sa collaboration avec le Togo et les États membres afin de faciliter la mise en œuvre de cette initiative.

La résolution vise notamment les écoles, les médias, les institutions internationales et les plateformes numériques, afin que des projections représentant plus fidèlement les superficies puissent progressivement être utilisées.

Avec environ 30,3 millions de km², l’Afrique est le deuxième continent le plus vaste de la planète après l’Asie.

La nouvelle approche ne signifie toutefois pas l’abandon de la projection de Mercator, qui reste utile notamment pour la navigation grâce à sa capacité à conserver les angles et à faciliter le tracé des directions, l’ONU encourageant surtout le recours à des représentations plus précises lorsque la comparaison des superficies est importante.

Le texte appelle à une représentation cartographique plus fidèle des superficies réelles de l’Afrique et des autres régions du monde