Après deux années à la tête du ministère, Joseph Nsengimana explique que la qualité de l’éducation reste la principale priorité.

« L’amélioration de la qualité de l’éducation est le domaine dans lequel je me suis engagé à obtenir des résultats », a-t-il déclaré dans une interview accordée à IGIHE.

Parmi les réformes introduites figurent notamment l’adaptation du programme des trois premières années du primaire, de nouvelles Learning Pathways dans le secondaire et l’amélioration de la communication des résultats des examens.

Le ministère cherche également à réduire le redoublement, dont le taux dans les trois premières années du primaire est passé d’environ 30 % à 20 % grâce à un programme visant à améliorer les apprentissages.

Deux ans accordés aux enseignants pour améliorer leur anglais

Par ailleurs, l’anglais, qui est la langue d’enseignement, reste un défi majeur dans le système éducatif, le ministère ayant noté le fait que certains enseignants doivent améliorer leur niveau afin d’être en mesure d’enseigner efficacement les matières confiées.

« Nous avons constaté que de nombreux enseignants n’avaient pas le niveau requis », a expliqué Joseph Nsengimana, précisant qu’un programme de deux ans visant à améliorer leurs compétences en anglais avait été lancé l’année dernière.

« Au terme de ces deux années, nous espérons qu’ils maîtriseront tous l’anglais. Toutefois, ceux qui n’atteindront pas le niveau requis pourraient voir leur situation professionnelle remise en question », a-t-il averti.

Le ministère prévoit également de relever progressivement le niveau de qualification des enseignants du primaire, du niveau secondaire jusqu’au niveau universitaire.

Joseph Nsengimana a également défendu la décision d’autoriser 7 188 élèves à repasser leurs examens nationaux après que des individus chargés de leur administration et de leur suivi eurent compromis les épreuves.

« Nous avons constaté que ces enfants avaient été victimes d’une fraude commise par des adultes », a-t-il déclaré, précisant que les responsables font actuellement l’objet de poursuites.

Soulignant toutefois le caractère exceptionnel de cette mesure, le ministre a estimé qu’il aurait été injuste de contraindre ces élèves à redoubler une année pour une faute qu’ils n’avaient pas commise.

« Cette mesure est exceptionnelle et ne sera appliquée qu’une seule fois. À l’avenir, toute situation similaire sera traitée conformément aux règlements en vigueur », a-t-il affirmé.

En effet, plus de 99 % des élèves concernés ont participé aux épreuves de rattrapage. Les résultats étant attendus le 11 septembre, avant leur intégration avec les autres élèves prévue le 14 septembre.

Bien que le gouvernement ait construit 27 500 salles de classe entre 2017 et 2024, la surpopulation demeure un défi, nécessitant la construction de nouvelles infrastructures.

« Il n’y a pas d’autre solution que de construire des salles de classe », a déclaré le ministre, précisant que, dans certaines écoles comptant plus de 60 élèves par classe, deux enseignants travaillent désormais ensemble.

En outre, bien que les résultats en mathématiques se soient améliorés, passant de 23 % à 50 % en un an, Joseph Nsengimana estime qu’ils restent encore insuffisants.

« Je ne pense pas que les mathématiques soient trop difficiles », a-t-il soutenu, estimant qu’une plus grande attention devra être accordée à la manière dont cette matière est enseignée et apprise.

Discipline et apprentissage pratique

La discipline constitue également une priorité pour la nouvelle année scolaire, les élèves impliqués dans des bagarres ou la consommation d’alcool, de drogues ou d’autres comportements interdits étant passibles de mesures disciplinaires.

Le ministre appelle ainsi les parents, les enseignants et les responsables scolaires à renforcer leur collaboration afin de prévenir les comportements susceptibles de perturber le bon fonctionnement des établissements.

Le ministère a par ailleurs réorganisé la journée scolaire afin de réduire le temps consacré à l’apprentissage exclusivement en classe et de renforcer les activités pratiques.

« Par exemple, lorsqu’ils apprennent la culture rwandaise, les élèves peuvent la mettre en pratique à travers des activités telles que la danse », a expliqué Joseph Nsengimana, soulignant que l’apprentissage est plus efficace lorsque les élèves y participent activement.

En 2025, le Rwanda a participé pour la première fois au Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), avec plus de 7 000 élèves de 15 ans évalués sur leur capacité à appliquer leurs connaissances dans des situations de la vie réelle.

Pour le ministre, ces évaluations permettront de déterminer si les élèves se contentent de mémoriser les connaissances ou s’ils les comprennent et savent les appliquer.

« Notre objectif est de construire une économie fondée sur la connaissance », a soutenu le ministre Nsengimana.

Le ministre Nsengimana a insisté sur le fait que l’amélioration de la qualité de l’éducation restait la principale priorité, dans le prolongement des efforts visant à élargir l’accès à l’enseignement