Ingabire est notamment poursuivie pour création ou adhésion à un groupe criminel, provocation de troubles ou d’émeutes, atteinte à l’autorité de l’État, ainsi que diffusion de fausses informations ou de propagande visant à inciter des pays étrangers à adopter une attitude hostile envers le Rwanda.

Sa détention avait été ordonnée le 19 juin 2025, après que le tribunal eut jugé insuffisantes ses explications sur le rôle qui lui était attribué dans des formations dispensées à d’anciens membres de DALFA Umurinzi. Elle avait été convoquée dans le cadre du procès de ces derniers afin d’être interrogée sur ces formations.

Le parquet avait soutenu que ces formations avaient pour objectif de renverser le gouvernement en menant une campagne visant à retourner la population contre les autorités.

En juin 2026, alors que le procès préliminaire devait commencer, Ingabire avait soulevé plusieurs objections. Elle avait notamment indiqué ne pas pouvoir communiquer avec sa famille, alors que celle-ci devait, selon elle, faciliter le paiement des honoraires de ses avocats.

Elle avait également déclaré ne pas être prête à comparaître, expliquant qu’elle ne se sentait pas bien sur les plans physique, émotionnel et spirituel, en raison des difficultés qu’elle avait rencontrées. Elle avait demandé à rencontrer ses coaccusés afin de mieux préparer sa défense.

Ingabire avait sollicité un délai de trois mois pour préparer son dossier. Le tribunal lui avait demandé de préparer ses conclusions de défense au plus tard en juillet et avait fixé la reprise du procès préliminaire à septembre 2026.

Le procès avait ainsi été reporté de près de trois mois, notamment en raison des vacances judiciaires, qui ont pris fin en septembre.

Le 8 septembre 2026, Ingabire a comparu à nouveau devant la Haute Cour et a récusé le collège de juges chargé de son affaire. Cette demande aurait pu entraîner un nouveau report, le temps de désigner d’autres juges.

Le président de la Haute Cour a toutefois estimé que cette démarche visait à retarder la procédure et a donc décidé de lui infliger une amende de 500 000 francs rwandais.

Le procès de Victoire Ingabire doit reprendre ce 18 septembre 2026.

La Haute Cour de Kigali a sanctionné Victoire Ingabire, fondatrice du parti DALFA Umurinzi, non autorisé à exercer au Rwanda, pour avoir retardé son procès