La cérémonie, tenue le 14 août 2026, a réuni des Banyamulenge établis notamment en Belgique, en Allemagne, en Norvège, en Suède et au Danemark. Elle a débuté par des prières, avant de se poursuivre par des témoignages de survivants du massacre de Gatumba.
Parmi les intervenants figuraient des survivants et des représentants de leurs familles, dont Mudagiri Janvier, représentant de la Fondation Gatumba. Plusieurs autres Congolais, qui ne sont ni Tutsi ni Banyamulenge, ont également participé à la commémoration.
Nkurunziza Alexis, responsable des questions politiques et diplomatiques au sein du MRDP Twirwaneho, a également pris part à l’événement.
Dans la nuit du 13 au 14 août 2004, le camp de réfugiés de Gatumba, situé près de la frontière entre le Burundi et la RDC, avait été attaqué par des hommes armés, parmi lesquels figuraient des combattants des Forces nationales de libération (FNL).
Au moins 160 Congolais avaient été tués et 106 autres blessés. La majorité des victimes étaient des Banyamulenge ayant fui les violences en RDC pour se réfugier au Burundi.
Les assaillants avaient notamment utilisé des armes à feu et incendié certaines parties du camp. Les victimes avaient été principalement choisies parmi les réfugiés banyamulenge.
Vingt-deux ans après les faits, les participants à la commémoration continuent de demander que les responsables soient traduits en justice.
Jean Pierre Ruhamira, l’un des organisateurs de la cérémonie, a appelé à mettre fin aux violences visant les Banyamulenge.
« Nous avons besoin de justice. Arrêtez de tuer les Banyamulenge. Tshisekedi, arrêtez de tuer les Banyamulenge. Les Banyamulenge ont besoin de justice. Les Tutsi du Congo ont besoin de justice », a-t-il déclaré.
Les participants ont également demandé à la Cour pénale internationale (CPI) de se pencher sur le massacre de Gatumba et de poursuivre les responsables présumés.
Jean Pierre Ruhamira a notamment appelé la CPI à examiner le cas d’Agathon Rwasa, alors dirigeant des FNL.
« CPI, poursuivez Agathon Rwasa. Les survivants du massacre de Gatumba ont besoin de justice. CPI, entendez nos voix », a-t-il déclaré.
En 2004, des mandats d’arrêt avaient été délivrés contre deux responsables des FNL, dont Agathon Rwasa. La procédure n’avait toutefois pas abouti à un procès.
Une nouvelle plainte déposée à La Haye
La commémoration de Gatumba est intervenue le même jour qu’une autre démarche judiciaire menée par des représentants des Banyamulenge de Minembwe.
Ces derniers ont remis au Bureau du Procureur de la CPI un dossier demandant l’ouverture d’une enquête sur des crimes qu’ils affirment avoir subis et qui se poursuivent dans l’est de la RDC.
Ils étaient accompagnés notamment des avocats Me Bernard Maingain et Me Innocent Nteziryayo.
Dans leur plainte, les représentants banyamulenge mettent en cause le président Félix Tshisekedi, certains responsables congolais ainsi que des responsables et institutions burundais. Ils évoquent notamment des faits qu’ils qualifient de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de persécutions.
Ces accusations sont celles des plaignants et devront être examinées et, le cas échéant, établies par les autorités judiciaires compétentes.
À La Haye, les Banyamulenge ont ainsi transformé la commémoration des victimes de Gatumba en un nouvel appel à la justice, tout en demandant la fin des violences qui, selon eux, continuent de frapper leur communauté dans l’est de la RDC.





















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