Ancien enseignant et responsable local dans la commune de Mbazi, dans l’ex-préfecture de Butare, Ntambara a fui le Rwanda après le génocide perpétré contre les Tutsi. Il s’est installé aux Pays-Bas en 1998, dans la ville d’Ede, province de Gueldre, où il a ensuite obtenu la nationalité néerlandaise.
En 2014, la justice rwandaise avait émis un mandat d’arrêt international à son encontre et demandé son extradition vers Kigali. Les autorités néerlandaises avaient refusé, invoquant notamment sa naturalisation.
En 2020, l’unité néerlandaise chargée des crimes internationaux (TIM) et le parquet ont par ailleurs ouvert une enquête approfondie. Des magistrats et enquêteurs se sont rendus au Rwanda afin de recueillir preuves et témoignages. Plus de 40 témoins ont été entendus, dont des survivants du génocide et d’anciens condamnés liés aux événements survenus dans l’ancienne préfecture de Butare.
Selon l’accusation, Ntambara aurait joué un rôle dans les massacres d’environ 3 000 Tutsi réfugiés au stade de Byiza à Mbazi les 24 et 25 avril 1994. Il est également soupçonné d’avoir participé à des pillages, à l’incendie de maisons appartenant à des Tutsi, ainsi qu’à des actes d’incitation et de participation directe au génocide.
Arrêté le 14 février 2024, il a été remis à la justice néerlandaise. Son procès s’est ouvert le 17 juin 2026 à La Haye, sur la base du principe de compétence universelle permettant de juger des crimes commis à l’étranger.
Affirmant que les massacres de Mbazi avaient un objectif d’extermination ethnique, le parquet a affirmé que l’accusé occupait une position d’influence en avril 1994. Il a aussi décrit des tueries en trois phases au stade de Byiza, accompagnées de chants appelant à l’extermination des Tutsi, Ntambara étant présenté comme l’un des instigateurs.
L’accusé nie toutes les charges, affirmant n’avoir joué aucun rôle dans les crimes et avoir lui-même perdu des membres de sa famille durant le génocide. Il réclame son acquittement.
Le parquet a demandé au tribunal de reconnaître sa culpabilité et de prononcer la peine de réclusion à perpétuité.
Le verdict est attendu pour le 28 août 2026, a annoncé le tribunal le 24 juin.



Chargement des commentaires...
Laisser un commentaire