En première instance, le 30 octobre 2024, l'ancien médecin avait été condamné à 27 ans de réclusion criminelle pour complicité de génocide, complicité de crimes contre l'humanité et participation à une entente en vue de la préparation de ces crimes.
Âgé de 67 ans, Eugène Rwamucyo était médecin-enseignant et directeur du Centre universitaire de santé publique (CUSP) de l'ancienne Université nationale du Rwanda à Butare.
L'accusation lui reproche notamment d'avoir participé, le 14 mai 1994, à une réunion présidée par le Premier ministre du gouvernement intérimaire, Jean Kambanda, au cours de laquelle les intellectuels auraient été encouragés à soutenir le génocide contre les Tutsi. Selon le ministère public, il y aurait prononcé un discours incitant aux violences contre les Tutsi.
Les poursuites portent également sur son rôle dans l'inhumation de victimes dans des fosses communes à Butare, notamment à l'aide d'engins de chantier. Le parquet estime que ces opérations visaient à dissimuler les preuves d'un génocide qui était alors en cours.
De son côté, Eugène Rwamucyo soutient qu'il s'agissait, selon lui, « d'une mesure d'hygiène publique » et affirme qu'il était impossible de cacher des massacres commis au vu de tous pendant plusieurs semaines, une explication jugée contradictoire avec les témoignages et qui peine à convaincre les jurés.
Le 13 juillet, les avocates des parties civiles ont vivement contesté cette version. Me Clothilde Hazard a affirmé que les modalités d'inhumation démontraient une volonté d'effacer les traces des crimes, soulignant que les corps avaient été ensevelis sans sépulture digne et que les fosses restent encore visibles aujourd'hui.
De son côté, Me Alice Zarka a estimé que ces fosses communes constituent toujours des preuves matérielles du génocide contre les Tutsi, plus de trente ans après les faits. Selon elle, présenter ces opérations comme une simple mesure sanitaire est incompatible avec les éléments mis en évidence au cours du procès.
Les réquisitions du parquet ont été prononcées à l'issue de plusieurs semaines d'audience, ouvertes le 9 juin 2026.
Après ceux-ci, la défense doit présenter ses plaidoiries avant que la Cour d'assises de Paris ne rende son arrêt. En appel, la juridiction peut confirmer, réduire ou alourdir la peine prononcée en première instance, la réclusion criminelle à perpétuité restant légalement encourue.




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