Le général Tshiwewe avait été arrêté au début du mois de juillet 2025, sept mois après sa nomination comme conseiller militaire du président Félix Tshisekedi. Cette fonction lui avait été confiée après son remplacement à la tête des FARDC en décembre 2024.

Il avait été interpellé en compagnie du général-major Maurice Nyembo, son ancien chef de cabinet, ainsi que de plusieurs autres officiers, parmi lesquels le lieutenant-colonel Adelart Mwiza, chargé de sa sécurité personnelle. Les raisons de leur arrestation n’avaient pas été rendues publiques dans l’immédiat.

Lors de l’ouverture du procès, le ministère public militaire, dirigé par le lieutenant général Lucien René Likulia Bakumi, a révélé que le dossier concernait également huit autres officiers supérieurs ainsi qu’un civil, Pascal Nyembo Muyumba.

Les coaccusés sont le général John Numbi et le général de brigade Chinyabuuma Pascal Kamukinde, tous deux actuellement en exil, le général-major Maurice Nyembo, le général de brigade John Ngoy Kabila, le général de brigade John Sangwa Muhemedi, le colonel Guy Mukombozi Zahinda, le colonel Pathy Sangwa Lumbu et le colonel Christophe Tshibangu Kenge.

Selon l’accusation, le général Tshiwewe, les autres officiers poursuivis et le civil impliqué auraient participé à un plan coordonné visant à renverser le président Félix Tshisekedi. Ils sont poursuivis pour trahison, incitation des militaires à désobéir aux ordres légaux et détention illégale d’armes.

Le parquet affirme que ce projet présumé de renversement du pouvoir aurait été élaboré entre 2020 et juillet 2025, période correspondant à l’arrestation des suspects.

D’après les enquêteurs, le général Tshiwewe aurait été recruté dans ce réseau par le général-major Maurice Nyembo, avec lequel il entretenait des relations étroites depuis 2018. Les deux hommes auraient tenu de fréquentes réunions nocturnes auxquelles participaient également d’autres officiers des FARDC opposés au pouvoir en place.

À mesure que le projet présumé prenait forme, le général Tshiwewe se serait appuyé sur plusieurs officiers supérieurs, dont un brigadier-général et deux colonels, afin de faire avancer les objectifs du groupe.

Le 9 juillet 2025, les services de sécurité ont procédé à une perquisition à la résidence du général Tshiwewe dans la commune de la Gombe, à Kinshasa. Selon le ministère public, les agents y ont découvert un important arsenal comprenant des fusils AK-47, des lance-roquettes RPG, des mitrailleuses PKM, plus de 4 300 cartouches ainsi que des grenades.

Pour l’accusation, la quantité et la nature de ces armes démontrent qu’elles n’étaient pas destinées à une simple protection personnelle, mais qu’elles étaient liées au projet présumé de renversement du gouvernement.

Pascal Nyembo, actuellement en exil, est accusé d’avoir coordonné l’ensemble du réseau, transmis des instructions aux participants et assuré son financement.

Le général John Numbi, ancien inspecteur général des FARDC et ancien chef de la police nationale congolaise, est accusé d’avoir encouragé des militaires et des policiers à désobéir au président Félix Tshisekedi et à soutenir son éviction du pouvoir, notamment à travers les réseaux sociaux.

Le parquet soutient également qu’il aurait recruté le général de brigade Sangwa dans le cadre de ce projet et fourni d’importants moyens financiers pour sa mise en œuvre. Les enquêteurs évoquent notamment un transfert de 842 320 dollars américains sur le compte du général-major Maurice Nyembo.

Concernant le général de brigade John Ngoy Kabila, les procureurs affirment qu’il servait d’intermédiaire entre des réseaux proches de l’ancien président Joseph Kabila, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019, et les personnes impliquées dans le complot présumé.

Il est également accusé d’avoir reçu de Pascal Nyembo des instructions visant à faciliter l’évasion de plusieurs hauts responsables détenus, notamment le lieutenant-général Philémon Yav Irung, le général Zelwa Katanga et l’ancien haut responsable de la police Christian Kenga Kenga, afin qu’ils puissent rejoindre le réseau.

Enfin, le général de brigade Ngoy est soupçonné d’avoir participé à des discussions au cours desquelles il aurait exprimé sa sympathie envers Joseph Kabila et soutenu l’idée d’un renversement du gouvernement, en faisant référence au coup d’État survenu en Guinée en 2021.

L’ouverture de ce procès marque l’une des affaires judiciaires les plus sensibles de ces dernières années en RDC, mettant en cause d’anciens hauts responsables militaires accusés d’avoir participé à un projet de déstabilisation du pouvoir en place.

Le général Tshiwewe a été arrêté début juillet 2025, sept mois après avoir occupé le poste de conseiller militaire du président Félix Tshisekedi
Le général-major Nyembo est accusé d’avoir recruté le général Tshiwewe dans un complot visant à renverser le président Tshisekedi
Le général John Numbi, qui a fui le pays en 2021, est accusé d’avoir envoyé des fonds pour soutenir le plan
Parmi les personnes traduites devant le tribunal, le général Numbi, le général de brigade Chinyabuuma et Pascal Nyembo étaient absents, étant en exil