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Anne Höglund, Chef de Mission de la Suède, sur l’autonomisation économique des femmes

Redigé par Igihe
Le 11 mars 2020 à 03:31

S’il y a un thème qui lui est bien cher dans la politique de la coopération entre la Suède et le Rwanda, c’est sans doute celui de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes. Sharon Kantengwa du New Times a tendu son micro à Anne Höglund, Chef de Mission par intérim à l’Ambassade de Suède au Rwanda.
Ci après une interview qu’elle a accordée à The Newtimes à l’occasion de la journée internationale de la femme.

NT : L’autonomisation est un sujet complexe et multidimensionnel. Comment définiriez-vous l’autonomisation des femmes ?
A.H :
Je pense que l’autonomisation des femmes signifie que les femmes ont une voix et une influence dans la société et le même pouvoir que les hommes de faire leurs propres choix. Pour autonomiser les femmes et les filles, elles doivent avoir les mêmes opportunités que les hommes et les garçons.
Le droit à l’éducation vient au premier plan. Dans de nombreux pays, les femmes et les filles continuent de souffrir d’inégalités en cette matière.

NT : Pourriez-vous partager avec nous quelques-unes des contributions de l’Ambassade de Suède dans le cheminement du Rwanda vers l’autonomisation des femmes ?
A.H :
La Suède a un Gouvernement féministe et une politique étrangère féministe. Cela signifie que nous avons une perspective du genre dans tout ce que nous faisons. Plus concrètemment, au Rwanda, nous nous intéressons à l’accès des femmes au financement et à l’épargne, par le biais de la société civile, ce qui leur permet d’accroître leur autonomisation économique.

Avec cette autonomisation économique, les femmes peuvent mieux contribuer dans d’autres domaines, telle que l’intégration dans le processus de réconciliation et de consolidation de la paix.

La cartographie des terres et les droits fonciers n’ont pas été oubliés. Les femmes doivent être conscientes de leurs droits à la terre.

Nous travaillons également avec l’Université du Rwanda et nous voulons nous assurer que nous avons un nombre égal de femmes candidates au doctorat.

Nous sommes très fiers que la nouvelle Ministre rwandaise du Genre et de la Promotion de la Famille, Professeur Jeannette Bayisenge, ait obtenu son doctorat en Suède.

En coopération avec l’Ecole de Journalisme de l’Université du Rwanda, nous essayons d’encourager davantage de femmes dans le Journalisme. C’est important pour la démocratie.

Nous soutenons également les groupes de la société civile qui se concentrent sur la violence sexiste et la protection des femmes qui en sont victimes.
A l’occasion de la Journée Internationale de la Femme, nous organisons différents événements axés sur les Femmes et l’égalité des genres avec d’autres Ambassades de l’UE et la Délégation de l’UE au Rwanda.

NT : Comment pouvez-vous décrire le parcours du Rwanda vers l’autonomisation des femmes et l’égalité des sexes en général ?

AH :Je ne pense pas que ce soit à moi de répondre, mais je peux dire que je suis très impressionnée par le leadership du Président et du Gouvernement en matière d’autonomisation des femmes au Rwanda. Il est important d’avoir des femmes dans des postes de prise de décisions, et le Rwanda a un bilan positif. Pour réaliser un véritable changement, il est important que leur présence se manifeste à tous les échelons de la hierarchie. Cela prendra du temps car la culture et les traditions évoluent lentement.

NT : Le Rwanda est toujours aux prises avec des défis liés aux écarts économiques entre les sexes. Selon vous, que peut-on faire pour relever ces défis ?

AH : Il est important que les filles aient plus d’accès à l’éducation. Sans éducation, il est très difficile d’améliorer la situation économique de la femme. Lorsque vous gagnez votre propre argent, cela donne à la fois confiance et plus de puissance. Il ne peut y avoir de véritable égalité entre les sexes si vous n’avez pas d’égalité économique.

Même en Suède et en Europe en général, les femmes sont moins bien payées que les hommes, pour le même travail, et doivent encore assumer d’autres responsabilités non rémunérées à la maison. Le salaire étant plus bas, la pension de la femme en pâtit egalement.

NT : Quels conseils ou suggestions pouvez-vous donner aux femmes concernant le chemin de l’autonomisation des femmes ?
AH :
Ce que je dis toujours aux jeunes femmes, c’est de croire en elles-mêmes, de faire leurs propres choix et d’essayer de réaliser leurs rêves. Les femmes et les filles s’adaptent souvent aux souhaits des autres, aux attentes des parents ou des maris. Je pense qu’il est important pour nous d’avoir confiance pour faire nos propres choix. Les femmes occupant des postes influents devraaient soutenir les femmes plus jeunes, en leur servant de modèles.

La Suède est l’un des pays qui défendent l’autonomisation des femmes, avec plus de 80% de réduction de l’écart entre les sexes. Quelles sont les leçons que le Rwanda peut en tirer ?

Il faut passer des paroles à l’action. En Suède, le Gouvernement et les services publics ont été à l’avant-garde, avec des stratégies et des plans d’action très clairs en matière d’égalité des sexes. Nous avons une législation étendue sur la responsabilité du secteur privé de promouvoir l’égalité des sexes. La discrimination fondée sur le sexe est contraire à la loi.

Étant donné que les questions de genre sont très discutées dans notre société, elles sont toujours examinées par les médias et les entreprises sont également invitées à savoir comment elles promeuvent l’égalité des sexes.

Il est également important que dans les écoles et partout dans la société, les garçons et les filles soient traités de manière égale. L’égalité des sexes concerne les droits mais elle est également bénéfique pour la société. Il est en fait scientifiquement prouvé que les entreprises et les sociétés où prévaut l’égalité des sexes sont plus prospères que les autres.


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