Selon les informations rapportées, le texte a été largement soutenu par les députés de la majorité, dépassant la barre des deux tiers requise pour une modification constitutionnelle.

Le projet de loi prévoit également une refonte du mode d’élection présidentielle. Il introduirait un système dans lequel le chef de l’État ne serait plus élu directement par les citoyens, mais désigné par le Parlement.

Après son adoption ce jeudi par l’Assemblée nationale, la réforme doit encore être examinée par le Sénat avant une éventuelle entrée en vigueur.

Les partisans du texte, principalement issus du parti au pouvoir ZANU-PF, estiment, selon eux, que cette réforme vise à renforcer la stabilité politique, à réduire les coûts liés à l’organisation des élections et à permettre une meilleure continuité des programmes de développement à long terme.

Toutefois, la réforme suscite déjà de vives critiques au sein de la société civile, de l’opposition et de certains anciens combattants de la guerre de libération. Ses détracteurs estiment qu’elle pourrait consolider le pouvoir en place et affaiblir davantage les mécanismes démocratiques du pays, en limitant la participation directe des citoyens au choix de leur président.

Emmerson Mnangagwa, surnommé « le Crocodile » en raison de sa réputation de stratège politique prudent et patient, est une figure centrale de la politique zimbabwéenne depuis plusieurs décennies.

Né en 1942, il s’engage très tôt dans la lutte pour l’indépendance du Zimbabwe au sein du mouvement ZANU, actif contre le régime colonial rhodésien.

Après l’indépendance en 1980, il occupe plusieurs postes clés au sein de l’État et devient progressivement l’un des piliers du régime de Robert Mugabe. Il est notamment ministre de la Sécurité d’État puis de la Justice et de la Défense, avant d’être nommé vice-président.

En novembre 2017, Mnangagwa accède au pouvoir à la suite de la crise politique et militaire ayant conduit à la démission de Robert Mugabe, après trente-sept années de règne. Soutenu par l’armée et une partie du parti au pouvoir, il est investi président dans un contexte de transition sous tension.

Il remporte ensuite l’élection présidentielle de 2018, puis est reconduit en 2023.

Le Parlement zimbabwéen a adopté une réforme constitutionnelle visant à prolonger la durée du pouvoir du président Emmerson Mnangagwa jusqu’en 2030