En effet, depuis fin juillet 2026, le Rwanda a renforcé sa lutte contre les boissons alcoolisées dangereuses, notamment celles appelées « ibyuma », ainsi que contre les fabricants impliqués dans leur production.

Dans un premier temps, l’Autorité rwandaise de régulation des aliments et des médicaments (Rwanda FDA) avait suspendu l’importation d’éthanol destiné à la fabrication de ces boissons, après avoir constaté que certains producteurs utilisaient cette substance insuffisamment traitée pour augmenter la teneur en alcool de leurs produits, mettant ainsi en danger la santé des consommateurs.

Selon les autorités rwandaises, ces boissons auraient causé la mort de 50 personnes depuis janvier 2026, tandis que plus de 100 personnes auraient perdu la vue. Près de 11 000 personnes seraient également confrontées à une dépendance.

Au 6 août 2026, la 'Rwanda FDA' avait procédé à la fermeture de 148 fabricants locaux de boissons alcoolisées non conformes, le Bureau rwandais de normalisation (RSB) ayant également retiré les licences de production de ces entreprises.

Invitée sur Royal FM, Yolande Makolo a reconnu que des dysfonctionnements avaient facilité la poursuite des activités de certains producteurs dont les produits ne respectaient pas les normes requises, indiquant que le gouvernement avait désormais adopté une approche de tolérance zéro envers les entreprises qui mettent en danger la santé publique.

« Des failles dans le système de contrôle ont permis à certains acteurs de poursuivre leurs activités pendant une période prolongée. Nous devons en tirer des leçons », a-t-elle déclaré.

La porte-parole du gouvernement a également indiqué qu’une enquête était en cours afin d’identifier l’ensemble des responsables, qu’ils relèvent du secteur privé ou des institutions publiques.

« Des arrestations ont déjà eu lieu. L’enquête se poursuit afin d’établir les responsabilités dans ces manquements. Les autorités compétentes communiqueront davantage d’informations en temps opportun », a-t-elle expliqué.

Concernant les conséquences économiques de cette opération, notamment sur les travailleurs et les commerçants affectés, Yolande Makolo a assuré que le gouvernement examinait les moyens d’accompagner les personnes touchées.

Elle a toutefois insisté sur le fait que les producteurs responsables de la fabrication de produits dangereux doivent assumer les conséquences de leurs actes.

« La priorité demeure la protection de la vie des citoyens. La santé publique constitue une exigence fondamentale à laquelle aucun compromis ne saurait être accordé », a-t-elle affirmé, insistant sur le fait que les pertes d’emplois liées à la fermeture des usines ne peuvent pas justifier le maintien d’activités qui mettent en danger la population.

« Le gouvernement continuera à soutenir la création d’opportunités économiques dans des secteurs respectant les normes en vigueur », a-t-elle ajouté, rappelant que l’emploi des jeunes demeure une priorité nationale.

Yolande Makolo a également appelé les citoyens à faire preuve de modération dans la consommation d’alcool et à veiller à ce que les personnes âgées de moins de 18 ans n’en consomment pas.

Elle a rappelé que, bien qu’autorisées par la loi, les boissons alcoolisées peuvent avoir des effets néfastes sur la santé lorsqu’elles sont consommées de manière excessive.

Au 6 août 2026, la 'Rwanda FDA' avait procédé à la fermeture de 148 fabricants locaux de boissons alcoolisées non conformes
Yolande Makolo, a affirmé que la fermeture des usines produisant des boissons alcoolisées non conformes était nécessaire pour préserver la santé publique