En effet, des survivants affirment que des responsables militaires, bien qu’alertés du risque d’une attaque, n’auraient pas pris les mesures nécessaires pour protéger les troupes.
Selon cette enquête, parue ce dimanche et fondée sur les témoignages de 17 personnes, dont des militaires ayant survécu à l’attaque et des témoins directs, les services de renseignement avaient identifié la base de Port Shuaiba comme l’une des installations américaines les plus susceptibles d’être visées par l’Iran dès le début du conflit. Malgré ces informations, les dispositifs de protection de la base n’auraient pas été renforcés.
« Nous savions que cette base avait été identifiée comme une cible potentielle », a notamment déclaré l’un des soldats interrogés par le journal.
L’enquête révèle également que les systèmes de défense déployés sur la base étaient insuffisants face aux drones iraniens de type Shahed. Les forces américaines seraient parvenues à neutraliser certains petits drones, mais au moins un appareil a réussi à atteindre le centre d’opérations tactiques, provoquant une explosion meurtrière.
Les survivants dénoncent aussi des lacunes dans les infrastructures de protection. Certains abris n’étaient pas suffisamment renforcés pour résister à une frappe aérienne, tandis que plusieurs soldats affirment avoir reçu l’ordre de rester dans les bâtiments au lieu de rejoindre les zones sécurisées lorsque les alertes étaient déclenchées.
Plusieurs militaires assurent également que leurs supérieurs ne les autorisaient pas à passer la nuit dans les abris malgré la poursuite des attaques iraniennes pendant plusieurs heures.
Plus surprenant encore, le signal annonçant la fin de l’alerte aurait été donné seulement une trentaine de minutes avant la frappe qui a tué six soldats. Selon les témoignages, cette décision a conduit certains militaires à quitter leurs abris ou à relâcher leur vigilance alors qu’un drone iranien approchait déjà de la base.
L’attaque contre Port Shuaiba a marqué les premières pertes américaines du conflit entre les États-Unis et l’Iran déclenché fin février 2026.
Le Pentagone avait confirmé que six militaires avaient été tués et plus de trente autres blessés lors de cette frappe de drone. Une enquête interne a été ouverte afin de déterminer si des défaillances dans les procédures de protection des forces ont contribué à ce bilan.
D’après le Washington Post, plusieurs responsables militaires craignaient déjà que Port Shuaiba soit ciblée, notamment parce que cette base n’avait pas été attaquée lors des premières vagues de frappes iraniennes, ce qui pouvait en faire une cible privilégiée lors d’une offensive ultérieure.



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