Ses déclarations interviennent après l’appel de l’ancien ministre ukrainien de la Défense Mykhaïlo Fedorov en faveur d’élections malgré la poursuite du conflit.
« Des élections maintenant, c’est un tsunami qui fracturerait l’Ukraine », a déclaré Zelensky lors d’un échange avec des journalistes, selon des informations rapportées ce dimanche, estimant que la priorité doit rester la défense du pays et la recherche d’une issue à la guerre.
En effet, depuis l’invasion russe à grande échelle du 24 février 2022, l’Ukraine est sous loi martiale, ce qui empêche la tenue d’élections nationales.
Le Parlement ukrainien a d’ailleurs confirmé en mai 2026 qu’il était impossible de tenir des élections sous la loi martiale et « travaille plutôt sur les conditions d’un futur scrutin après la guerre ».
Zelensky avait déjà indiqué en février que l’Ukraine pourrait organiser des élections après l’instauration de garanties de sécurité et d’un cessez-le-feu. En juillet, il avait également proposé de prolonger la loi martiale et la mobilisation pour une nouvelle période de 90 jours.
Le débat a toutefois pris une nouvelle ampleur après la prise de position de Mykhaïlo Fedorov, ancien ministre de la Défense récemment limogé. Celui-ci a appelé à la mise en place d’un mécanisme permettant aux Ukrainiens de voter malgré la guerre, estimant que la démocratie ne devait pas être suspendue indéfiniment.
Outre les contraintes juridiques, l’organisation d’un scrutin poserait d’importants problèmes pratiques : une partie de la population est déplacée à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, certains territoires sont occupés et les combats se poursuivent sur une ligne de front de plus de 1 200 kilomètres. Les attaques russes touchent également régulièrement des villes éloignées du front.
Selon un sondage cité par Reuters, 57 % des Ukrainiens préfèrent attendre la fin des hostilités avant de voter.
Contrairement à l’idée selon laquelle la guerre russo-ukrainienne aurait commencé uniquement en février 2022, le conflit armé remonte à 2014. Cette année-là, après une crise politique majeure en Ukraine, la Russie prend le contrôle de la Crimée puis l’annexe, une décision condamnée par l’Assemblée générale des Nations unies.
Des combats éclatent également dans le Donbass, notamment dans les régions de Donetsk et de Louhansk, entre les forces ukrainiennes et des séparatistes soutenus par la Russie.
Des accords de cessez-le-feu, notamment les accords de Minsk de 2014 et 2015, sont conclus pour tenter de mettre fin aux combats dans l’est de l’Ukraine, mais n’ont toutefois pas permis de régler durablement le conflit.
Selon l’ONU, les affrontements dans le Donbass font plus de 14 000 morts entre 2014 et fin 2021, selon les estimations disponibles à cette période.
La situation s’est considérablement aggravée en février 2022. Le 21 février, le président russe Vladimir Poutine reconnaît l’indépendance des territoires séparatistes de Donetsk et de Louhansk. Trois jours plus tard, le 24 février 2022, la Russie lance une invasion à grande échelle de l’Ukraine.
Les forces russes avancent sur plusieurs axes, notamment vers Kyiv, Kharkiv et le sud du pays. L’armée ukrainienne parvient cependant à repousser certaines offensives et reprend une partie des territoires occupés au cours de 2022. En septembre de la même année, Moscou annonce l’annexion de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijjia après des référendums que l’ONU a condamnés comme illégaux.
Depuis, la guerre s’est transformée en un conflit prolongé, marqué par des combats terrestres, des frappes de missiles et de drones ainsi que d’importants dégâts aux infrastructures ukrainiennes.



Chargement des commentaires...
Laisser un commentaire