Le projet de révision de la Constitution – qui vise à réduire les prérogatives du chef de l’État au profit du Parlement et du Premier ministre -, porté par des députés du parti Pastef dirigé par Ousmane Sonko, a été adopté par 129 des 165 députés présents. Aucun parlementaire n’a voté contre le texte lors de la séance plénière, selon les informations communiquées par l’Assemblée nationale.

En effet, la réforme prévoit plusieurs changements institutionnels destinés à renforcer le pouvoir législatif et judiciaire face à l’exécutif. Parmi les principales mesures figurent l’élargissement des pouvoirs de contrôle de l’Assemblée nationale sur l’action gouvernementale, notamment concernant les accords liés à l’exploitation des ressources naturelles.

Le texte prévoit également la création d’une Cour constitutionnelle composée de neuf membres, en remplacement de l’actuel Conseil constitutionnel, ainsi qu’une séparation plus stricte entre la fonction présidentielle et la direction d’un parti politique. Le président de la République ne pourrait plus diriger une formation politique ou une coalition, sauf dans un rôle honorifique.

La réforme introduit aussi des restrictions sur certaines prérogatives présidentielles, notamment concernant la dissolution de l’Assemblée nationale et les décisions prises durant les périodes de transition électorale.

Le vote intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, deux figures issues du même mouvement politique arrivé au pouvoir lors de l’élection présidentielle de 2024.

Ousmane Sonko, ancien Premier ministre, a été écarté de ses fonctions gouvernementales avant d’être élu président de l’Assemblée nationale, une position qui lui confère une influence importante sur le travail parlementaire.

L’opposition ainsi que plusieurs organisations de la société civile dénoncent néanmoins cette réforme, qu’elles perçoivent comme un potentiel instrument de règlements de comptes politiques.

Par ailleurs, des manifestations organisées aux abords de l’Assemblée nationale ont été marquées par des affrontements, entraînant l’intervention des forces de sécurité, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes.

Après l’adoption du texte par les députés, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, a annoncé que le chef de l’État avait choisi de recourir à l’article 103 de la Constitution pour organiser un référendum.

Les autorités doivent encore fixer la date du scrutin.

Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé que la réforme constitutionnelle visant à réduire les prérogatives du chef de l’État au profit du Parlement et du Premier ministre serait soumise à un référendum national.
Le projet de révision de la Constitution est porté par des députés du parti Pastef dirigé par Ousmane Sonko