Originaire du secteur de Mukura, dans le district de Rutsiro, Nkurunziza affirme avoir été recruté de force à l’âge de 14 ans, après avoir grandi dans les forêts de la RDC où ses parents étaient membres des FDLR.

Il raconte que les enfants élevés au sein du groupe étaient sensibilisés à rejoindre ses rangs dans le but de contribuer à un éventuel retour au Rwanda et à une prise du pouvoir. 

« Ils nous disaient que le Rwanda était la terre promise des Hutu », a-t-il déclaré, précisant que les membres des FDLR étaient également interdits d’écouter les radios rwandaises, car ceux qui étaient surpris risquaient d’être tués.

« Ils nous disaient que le Rwanda était la terre promise des Hutu et nous menaçaient de mort s’ils nous surprenaient à écouter une radio rwandaise, afin de nous empêcher de connaître la vérité », a-t-il témoigné.

Malgré ces menaces, Nkurunziza affirme avoir secrètement écouté des radios rwandaises. Ces émissions l’ont progressivement amené à remettre en question les informations qui lui étaient transmises et ont contribué à sa décision de quitter le groupe.

À son retour au Rwanda, il dit avoir découvert une réalité différente de celle qui lui avait été présentée pendant ses années au sein du groupe génocidaire.

« Lorsque je suis arrivé au Rwanda, j’ai été bien accueilli, contrairement aux mensonges qu’on nous avait racontés pendant les 13 années que j’ai passées au sein des FDLR », a-t-il affirmé.

Une autre ancienne membre, Uwimana, nom d’emprunt, âgée de 20 ans, affirme avoir été emmenée dans le groupe à l’âge de 12 ans, avec quatre autres jeunes filles.

« Ils nous enfermaient dans leurs maisons afin que nous ne puissions pas nous échapper », a-t-elle raconté, affirmant également avoir subi des violences sexuelles et avoir été contrainte de porter des armes lors d’opérations de combat.

Uwimana dit être restée au sein du groupe jusqu’à l’âge de 20 ans, avant de parvenir à s’enfuir avec l’un de ses enfants.

« J’étais fatiguée de cette vie et j’ai décidé de m’enfuir. Je suis partie avec un enfant, mais j’espère toujours retrouver les autres », a-t-elle déclaré.

Selon les chiffres du RDRC, 12 832 anciens combattants sont passés par le Centre de démobilisation et de réintégration de Mutobo depuis sa création en 2001.

Le centre accueille notamment des anciens combattants rwandais ayant quitté des groupes armés opérant dans la région des Grands Lacs et les accompagne dans leur processus de démobilisation et de réintégration au sein de leurs communautés.