Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 24 août, le chef de l’État a affirmé que la présence des FDLR constitue, depuis près de trois décennies, l’une des principales préoccupations sécuritaires du Rwanda.

« Le problème du Rwanda a toujours été les FDLR au Congo. Je peux le répéter cent fois », a-t-il déclaré, estimant que le Rwanda restera impliqué dans la crise régionale tant que cette question ne sera pas résolue.

Paul Kagame réagissait notamment aux récentes initiatives de Kinshasa concernant le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des combattants des FDLR, présentées par les autorités congolaises comme faisant partie des engagements convenus avec le groupe génocidaire.

Le Président a estimé que, malgré les nombreuses initiatives menées ces dernières décennies par les Nations unies, les États-Unis, des pays européens et africains ainsi que d’autres acteurs, aucune n’avait permis de s’attaquer aux causes profondes de la crise dans l’est de la RDC ni de parvenir à une solution durable, s’interrogeant notamment sur l’absence de réponse aux conflits impliquant différents groupes armés, dont l’AFC/M23.

« La manière dont cette question a été traitée, et souvent mal gérée, au fil des années est bien connue, tout comme les différents acteurs impliqués », a-t-il déclaré, notant que les différentes initiatives avaient souvent privilégié des mesures superficielles plutôt qu’un règlement des causes profondes du conflit.

Le Président Kagame a par ailleurs réaffirmé que la sécurité du Rwanda resterait la priorité de son gouvernement.

« Nous agissons d’une manière qui nous protège à tout prix. Nous ferons tout ce qui contribue à cette protection, de jour comme de nuit », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que la volonté de protéger le pays ne signifiait pas un abandon de l’objectif de paix.

« Nous sommes profondément attachés à la paix, au point d’être prêts à prendre les mesures nécessaires pour la préserver. Elle demeure notre principal objectif, et nous sommes disposés à travailler avec les autres acteurs afin de parvenir à une paix durable », a-t-il affirmé.

Le chef de l’État a également mis en cause l’efficacité des sanctions imposées par la communauté internationale dans le cadre de la crise dans l’est de la RDC, s’interrogeant notamment sur leur sens.

« Au lieu de sanctionner les FDLR ainsi que ceux qui collaborent avec elles ou les soutiennent, certaines mesures ciblent ceux qui les combattent. Je ne comprends pas cette logique », a-t-il indiqué.

Le Président Kagame a en outre rejeté les accusations selon lesquelles Kigali utiliserait la menace des FDLR, notamment constituées d’individus responsables du génocide contre les Tutsi en 1994, comme prétexte à son implication dans l’est de la RDC.

« Si vous ne voulez pas du Rwanda, pourquoi ne réglez-vous pas ce problème ? Vous verrez alors si le Rwanda l’utilise comme prétexte », a-t-il insisté.

Le Président Kagame a affirmé que le Rwanda continuera à prendre les mesures nécessaires pour protéger sa sécurité tant que les FDLR resteront présentes dans l’est de la RDC
Le chef de l’État s’exprimait lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 24 août
Divers journalistes et influenceurs venus de l’étranger ont participé à la session
La session a également vu la participation de membres du gouvernement