La résolution a été présentée par le ministre ougandais de la Défense et des Anciens combattants, Kiryowa Kiwanuka, qui a expliqué que le président américain Donald Trump avait sollicité, par l’intermédiaire d’émissaires, la participation de l’Ouganda à cette force. Selon le ministre, des contacts entre Kampala et l’administration américaine ont eu lieu en juillet 2026.
Le projet prévoit la création d’une Force internationale de stabilisation chargée d’opérer dans les zones de Gaza qui ne seraient plus sous contrôle israélien. Selon les éléments présentés au Parlement ougandais, cette force doit notamment contribuer à la sécurité, faciliter l’accès humanitaire, surveiller le respect du cessez-le-feu et soutenir les arrangements de sécurité prévus pour l’après-guerre.
Le plan américain prévoit également une administration civile de Gaza par des technocrates palestiniens, le désarmement du Hamas et un retrait progressif des forces israéliennes. Toutefois, la mise en œuvre du dispositif reste incertaine, tandis que le calendrier exact du déploiement de la force internationale n’est pas encore établi.
Le projet de force, présenté dans le cadre du Board of Peace soutenu par Donald Trump, pourrait compter jusqu’à 20 000 militaires, selon le général américain Jasper Jeffers, cité par Associated Press. Le Maroc a également annoncé son intention de fournir des soldats.
Le gouvernement ougandais n’a toutefois pas précisé combien de militaires des "Uganda People's Defence Forces" (UPDF) seraient envoyés à Gaza, ni à quelle date ils pourraient être déployés. Le ministre de la Défense a indiqué qu’un accord sur le statut des forces devait encore être conclu après l’autorisation parlementaire.
Cette mission constituerait une première pour l’armée ougandaise au Moyen-Orient dans le cadre d’une opération internationale de stabilisation. L’UPDF dispose toutefois d’une expérience importante dans les opérations de maintien ou de soutien à la paix, notamment en Somalie, au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo, ainsi que dans d’autres missions internationales.
Devant les députés, Kiryowa Kiwanuka a assuré que la force aurait un rôle neutre, fonctionnerait selon des règles d’engagement clairement définies et respecterait le droit international humanitaire.
Selon le gouvernement, la participation ougandaise viserait notamment à protéger les civils, faciliter l’aide humanitaire, empêcher une reprise des affrontements et contribuer à la mise en œuvre des arrangements sécuritaires prévus dans le cadre du processus de stabilisation de Gaza.
Le ministre a également présenté la décision comme conforme aux obligations constitutionnelles de l’Ouganda en matière de contribution à la paix et à la sécurité internationales.
La décision n’a toutefois pas fait l’unanimité au Parlement. Plusieurs députés de l’opposition ont reproché au gouvernement d’avoir présenté la motion sans leur laisser suffisamment de temps pour examiner ses conséquences.
Le chef de file de l’opposition au Parlement, Paul Mwiru, a notamment estimé que les députés n’avaient pas reçu suffisamment d’informations sur les implications de la mission. D’autres élus ont demandé des précisions sur les objectifs de l’opération, son financement, les conditions de déploiement, la protection des soldats et les garanties accordées à leurs familles.
Certains parlementaires ont également souligné les risques particuliers liés à Gaza, notamment la complexité d’un environnement urbain densément peuplé et la difficulté de distinguer les combattants des civils.
La décision de Kampala intervient alors que le conflit entre Israël et le Hamas, déclenché par l’attaque menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, a profondément déstabilisé Gaza et entraîné une vaste destruction du territoire, les deux années de guerre ayant laissé une grande partie de Gaza en ruines.
Le plan soutenu par Washington prévoit une transition vers une administration palestinienne, une augmentation de l’aide humanitaire, le désarmement du Hamas et le retrait des forces israéliennes. Mais son application reste confrontée à d’importantes difficultés politiques et sécuritaires.
Par ailleurs, l’Ouganda avait déjà manifesté son intérêt pour une participation à la force internationale, le chef des forces de défense ougandaises, le général Muhoozi Kainerugaba, ayant évoqué dès mars 2026 la possibilité d’un déploiement ougandais à Gaza.




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