Il devient ainsi le 13ᵉ Omukama du royaume des Batooro, après une succession marquée par une controverse autour de l’héritage du défunt roi Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV.
Âgé de 56 ans, Edward Rukidi Kijanangoma est un cousin du roi Oyo Nyimba. Il a été choisi le 9 septembre 2026 par un comité de succession composé de 21 membres du clan royal des Babiito. Sa désignation a ensuite été approuvée par le Rukurato Rw’Obukama Bwa Tooro, le Conseil suprême du royaume, réuni le 15 septembre.
Après sa désignation, il a adopté le nom royal d’Edward Rukidi Nyabongo I. Son accession au trône a été précédée par plusieurs rites traditionnels. Dans la nuit du 28 au 29 septembre, il a quitté le palais de Rwengoma vers 22 heures, accompagné d’une foule portant des lampes traditionnelles fabriquées à partir de roseaux. Il a ensuite marché jusqu’au palais de Karuziika, où il est arrivé vers 3 heures du matin.
À l’entrée de Karuziika, Nyabongo I a participé à un combat rituel symbolique destiné à représenter la conquête du trône. Il a ensuite intégré le palais, où certains objets royaux, notamment les tambours et les insignes du pouvoir, ont été remis à leur place après la période de deuil observée à la suite de la mort d’Oyo.
La cérémonie traditionnelle comprenait également le sacrifice d’un taureau et l’utilisation symbolique du sang d’une poule. Ces rites ont précédé la cérémonie officielle d’intronisation organisée à Fort Portal.
Un ancien journaliste devenu roi
Avant son accession au trône, Edward Rukidi Kijanangoma avait consacré plus de deux décennies au journalisme. Il a notamment travaillé comme journaliste et présentateur à la 'Uganda Broadcasting Corporation' (UBC), où il a également occupé des fonctions éditoriales. Ses anciens collègues le décrivent comme une personne humble et accessible.
Ayant exercé pendant près de douze ans à la Télévision Rwanda, où il présentait les informations en anglais, avant de retourner en Ouganda vers 2010, celui-ci est également présenté comme le fils du défunt prince Kijanangoma et le petit-fils de l’ancien roi George David Rukidi III.
L’intronisation de Nyabongo I intervient un peu plus d’un mois après la mort du roi Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV, décédé le 27 août 2026 aux États-Unis à l’âge de 34 ans alors qu’il recevait un traitement contre un cancer. Il a été inhumé le 12 septembre aux tombes royales de Karambi, à Fort Portal.
Oyo avait accédé au trône en 1995, à seulement trois ans, après la mort de son père. Son couronnement alors qu’il était encore enfant avait attiré l’attention internationale et lui avait valu d’être présenté comme le plus jeune roi du monde à l’époque. Il a régné pendant 31 ans.
Sa succession a toutefois donné lieu à une controverse. La reine mère Best Kemigisa et la princesse Ruth Komuntale, mère et sœur du défunt roi, affirment qu’Oyo avait laissé derrière lui un jeune fils et qu’un testament désignait cet enfant comme son successeur. L’existence de cet enfant n’avait pas été rendue publique avant la mort du roi.
Le clan royal des Babiito soutient, de son côté, qu’il n’avait pas connaissance de cet enfant et affirme avoir appliqué les traditions et les procédures coutumières du royaume pour choisir le nouveau souverain. Le gouvernement ougandais a également annoncé que la succession avait été menée conformément aux pratiques reconnues du royaume.
Une requête avait même été déposée devant la Haute Cour de Fort Portal le 28 septembre pour tenter de suspendre la cérémonie d’intronisation, à la veille du couronnement, sans succès.
Le royaume du Tooro fait partie des monarchies traditionnelles de l’Ouganda, rétablies en 1993 après leur abolition dans les années 1960. Les rois traditionnels ne disposent d’aucun pouvoir politique officiel dans l’État ougandais, mais jouent un rôle important dans la préservation de l’identité, de la culture et des traditions de leurs communautés.





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