Traditionnellement, lorsqu’un membre de l’Assemblée législative ougandaise est élu, les banques se tournent vers les nouveaux parlementaires afin de leur proposer des crédits, considérant leur statut comme une garantie de stabilité financière, notamment grâce à leurs salaires réguliers de fonctionnaires. Ces financements sont généralement destinés à soutenir divers projets personnels ou professionnels.

Cependant, des affaires judiciaires récentes ont révélé que certains députés auraient été élus de manière frauduleuse. Ces procédures pourraient conduire à l’annulation de leurs élections et à leur exclusion de l’Assemblée nationale.

Face à cette situation, les banques estiment que l’octroi de crédits à ces parlementaires représente un risque important, dans la mesure où ils pourraient perdre leur mandat et, par conséquent, leur principale source de revenus.

Le directeur général de l’Association des banques de l’Ouganda, Wilbrod Owor, a précisé qu’il ne s’agit pas d’une position officielle de l’ensemble de l’organisation, mais plutôt d’une appréciation du risque par certaines banques.

« J’ai vu cela quelque part, mais ce n’est pas une décision de toute l’association. Ces prêts sont généralement accordés aux membres du Parlement pour la durée de leur mandat. Il est possible que les banques aient perçu ces affaires judiciaires comme un risque important pouvant affecter leur capacité de remboursement », a-t-il déclaré.

Il a également souligné que les députés, une fois élus, sont souvent confrontés à des problèmes d’endettement. Plusieurs d’entre eux contractent des prêts auprès de collègues ou d’institutions financières pendant leurs campagnes électorales, en comptant sur leurs futurs salaires parlementaires pour rembourser.

En Ouganda, des cas ont déjà été rapportés de candidats cherchant à entrer au Parlement afin d’échapper à leurs créanciers, misant sur les revenus liés à leur mandat pour régulariser leurs dettes.

Cette situation a eu des conséquences pour plusieurs élus, certains ayant même perdu leur siège en raison de leurs dettes, ce qui a aggravé leur situation financière.

Le Parlement ougandais compte actuellement 529 députés. Parmi eux figurent 353 élus représentant différentes circonscriptions du pays, 146 femmes représentant les districts au niveau régional, ainsi que 30 députés désignés pour représenter diverses catégories, notamment les jeunes, les forces armées et les personnes en situation de handicap.

L’Association des banques de l’Ouganda a indiqué que certaines institutions financières ne souhaitent pas accorder de prêts aux 107 députés actuellement poursuivis en justice