En effet, la France envisage de mettre en place un mécanisme de « bonus-malus » permettant de moduler une partie de son aide au développement en fonction de la coopération des pays concernés sur les questions migratoires.

Le Burundi, la Tanzanie, la République démocratique du Congo (RDC), les Comores, la Somalie et le Kenya sont également concernés.

Selon Sébastien Lecornu, le dispositif pourrait notamment prendre en compte la lutte contre les réseaux de passeurs, la délivrance de laissez-passer consulaires, la réadmission des ressortissants en situation irrégulière, le partage de renseignements et le démantèlement des filières migratoires.

Le Premier ministre français a de ce fait demandé au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de préparer les modalités de ce mécanisme, avec une mise en œuvre envisagée dès 2026 et un renforcement en 2027.

Il a toutefois précisé que l’aide humanitaire ne serait pas concernée par ce dispositif, qui viserait principalement l’aide publique bilatérale au développement.

Cette annonce intervient alors que la France cherche à renforcer la lutte contre l’immigration irrégulière à Mayotte, territoire français de l’océan Indien confronté depuis plusieurs années à d’importantes arrivées de migrants, principalement en provenance des Comores et de plusieurs pays de la région des Grands Lacs.

Située dans le canal du Mozambique, Mayotte est la porte d’entrée de l’Union européenne dans la région. L’île attire de nombreux migrants – principalement venus des Comores, notamment de l’île voisine d’Anjouan, à 70 km, et désormais de la région des Grands Lacs – à la recherche de meilleures conditions de vie, de soins et de sécurité.

Alors que l’archipel compte environ 323 000 habitants, selon les premiers résultats du recensement de 2026, l’archipel se caractérise par une population particulièrement jeune. L’âge moyen y était de 23 ans, contre 41 ans en France métropolitaine, selon l’Insee. Près de la moitié de la population serait de nationalité étrangère, tandis qu’environ la moitié de ces étrangers seraient en situation irrégulière.

Le Rwanda figure parmi les sept pays africains dont l’aide française au développement pourrait désormais être liée aux efforts en matière de lutte contre l’immigration irrégulière vers Mayotte