Cet échange intervient alors que la guerre entre la Russie et l'Ukraine, déclenchée en 2022, continue de se répercuter sur la scène diplomatique internationale, y compris en Afrique, où les deux pays cherchent à renforcer leurs partenariats politiques.
Sergueï Lavrov a formulé ces allégations ce vendredi lors d'une visite de travail au Burundi, où il s'est entretenu avec le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, avant de rencontrer le président burundais, Évariste Ndayishimiye.
Au cours de cette visite, Lavrov a accusé l'Ukraine de soutenir des groupes armés opposés à des gouvernements alliés de Moscou, notamment le M23 dans l'est de la RDC.
« Nous constatons des cas d'ingérence extérieure flagrante dans les affaires africaines, notamment dans la situation où le gouvernement légitime de la République démocratique du Congo, avec le soutien du Burundi, fait face à une agression menée par le mouvement M23, soutenu par des acteurs étrangers, y compris des Ukrainiens. Nous le savons, et nos amis le savent également », a-t-il déclaré.
« Les Ukrainiens tentent de se ranger du côté des forces qui s'opposent aux gouvernements légitimes dans plusieurs conflits sur le continent africain afin de s'imposer comme un acteur politique dans la région. Leur principal objectif est de créer des difficultés pour les pays amis de la Russie. » a-t-il ajouté.
Sergueï Lavrov a quitté le Burundi plus tard dans la journée de vendredi, au terme de sa visite officielle.
L'Ukraine dément catégoriquement
En réaction, le ministère ukrainien des Affaires étrangères a fermement rejeté ces accusations.
« Les affirmations de Lavrov selon lesquelles l'Ukraine soutiendrait le M23 dans l'est de la RDC relèvent de la désinformation du Kremlin et ne reposent sur aucune preuve. Nous les réfutons officiellement et les rejetons catégoriquement.
« L'Ukraine ne s'ingère pas dans les conflits africains. C'est la Russie qui le fait, en armant des groupes en violation des sanctions, en alimentant l'instabilité et en recrutant des ressortissants africains pour combattre dans sa guerre contre l'Ukraine. » a déclaré Heorhii Tykhyi, porte-parole du ministère.
Selon lui, Moscou cherche à détourner l'attention de ses propres agissements.
« La Russie accuse les autres de faire ce qu'elle fait elle-même, rien de nouveau. Son objectif est clair : compromettre les efforts de médiation des États-Unis dans la région des Grands Lacs et détourner l'attention de ses propres actions déstabilisatrices qui entravent le processus de paix. »
Le contexte régional
Cet échange intervient dans le contexte du conflit qui perdure dans l'est de la RDC. Le M23 affirme combattre pour protéger les droits et la sécurité des communautés tutsies congolaises, estimant que les gouvernements congolais successifs n'ont pas appliqué les accords de paix garantissant leur protection et leur pleine intégration politique en tant que citoyens congolais.
De son côté, le gouvernement congolais s'appuie sur une coalition de forces pour lutter contre le M23. Celle-ci comprend les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), des troupes burundaises déployées dans le cadre d'accords bilatéraux de sécurité entre Kinshasa et Gitega, les milices locales Wazalendo, ainsi que les FDLR, fondées par des individus liés aux auteurs du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994.
Le Rwanda accuse régulièrement ce groupe de continuer à menacer sa sécurité, tandis que les communautés tutsies congolaises l'accusent également de mener des attaques contre elles dans l'est de la RDC.
Le conflit a également impliqué des sociétés militaires privées. Après la prise de Goma par le M23 au début de l'année 2025, plus de 200 mercenaires étrangers, principalement de nationalité roumaine et combattant aux côtés des forces gouvernementales congolaises, ont été capturés par le M23.
Ils ont ensuite été transférés via le Rwanda avant d'être rapatriés dans leurs pays d'origine dans le cadre d'arrangements impliquant des acteurs régionaux et internationaux.





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