Dans une déclaration, le Groupe de contact international (GCI) pour la région des Grands Lacs a demandé à Kinshasa de mettre en œuvre son accord de désarmement et de démobilisation des FDLR conformément aux engagements pris dans l’Accord de Washington, signé en juin dernier, ainsi qu’au protocole CONOPS conclu par la suite.
Présidé par la France, le GCI réunit notamment les États-Unis, l’Union européenne, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni.
Le groupe a exhorté les autorités congolaises à élaborer rapidement un plan opérationnel assorti d’un calendrier réaliste pour parvenir à la « neutralisation effective des FDLR ».
Cette demande intervient après l’annonce du gouvernement congolais, le 28 juillet, selon laquelle les FDLR auraient, selon lui, accepté et signé un protocole prévoyant leur désarmement, leur démobilisation et leur cantonnement volontaires.
Le GCI a averti que toute poursuite de la cohabitation ou de la collaboration opérationnelle entre les forces armées congolaises et des éléments des FDLR serait « fondamentalement contraire » aux engagements pris dans le cadre des Accords de Washington.
Cette mise en garde intervient alors que des informations font état de la poursuite d’une coordination militaire entre les FDLR et des forces combattant la coalition AFC/M23 dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Le GCI demande ainsi à Kinshasa de garantir l’application effective du protocole de neutralisation et de préciser les mécanismes prévus pour lutter contre l’impunité.
Il encourage également les autorités congolaises à travailler avec la MONUSCO, la mission de maintien de la paix des Nations unies en RDC, dans la mise en œuvre du processus.
Le Rwanda maintient sa position sur le démantèlement des FDLR
Le démantèlement des FDLR constitue l’un des principaux engagements sécuritaires de l’Accord de Washington, qui vise notamment à contribuer à la réduction des tensions entre le Rwanda et la RDC.
Le Rwanda insiste depuis plusieurs années sur la nécessité de démanteler ce groupe génocidaire, rejetant toute perspective de son intégration politique ou sécuritaire.
Kigali a ainsi rejeté l’arrangement annoncé par Kinshasa, estimant qu’il ne correspond pas aux engagements pris dans le cadre de l’Accord de Washington.
Selon les autorités congolaises, le dispositif prévoit que les combattants de ce groupe déposent leurs armes, soient transférés vers des centres de transit sécurisés, puis réintégrés dans la vie civile.
Les FDLR ont, de leur côté, proposé que les combattants qui ne souhaitent pas retourner au Rwanda puissent être accompagnés dans leur réinstallation dans des pays tiers.
Dans une récente interview accordée à BBC Gahuza, le porte-parole politique des FDLR, Cure Ngoma, a reconnu qu’« aucun calendrier précis n’avait encore été établi pour le désarmement et la réintégration des combattants ».
Il a expliqué que le groupe souhaitait d’abord que certaines conditions soient réglées, notamment celles relatives à la sécurité et à la dignité des personnes présentées par les FDLR comme des réfugiés rwandais vivant en RDC.
Cure Ngoma a également affirmé que les FDLR souhaiteraient, une fois ces questions réglées, participer au processus politique au Rwanda.
Une perspective catégoriquement rejetée par Kigali
Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a rejeté l’idée d’une dissolution volontaire des FDLR et réaffirmé qu’aucune plateforme politique ne pouvait être accordée au groupe.
Il insiste sur le fait que les FDLR doivent être démantelées conformément à l’Accord de Washington et que leurs combattants doivent être rapatriés au Rwanda sans conditions supplémentaires.
La dernière déclaration du GCI remet ainsi au centre des discussions la mise en œuvre concrète de l’Accord de Washington.
Le groupe s’est dit prêt à soutenir toute initiative concrète de la RDC ou du Rwanda en faveur de la paix, tout en appelant les parties aux Accords de Washington et au Cadre de Doha à respecter leurs engagements.
Le GCI a également encouragé l’Union africaine et les autres mécanismes de médiation à poursuivre leurs efforts en faveur de la mise en œuvre des accords.
Par ailleurs, le groupe a salué l’accord d’échange de prisonniers entre la RDC et la coalition AFC/M23, considéré comme une mesure importante de renforcement de la confiance, et a félicité le CICR pour son rôle dans le récent transfert de personnes libérées par les autorités congolaises.




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