Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Félix Plasencia, a déclaré sur le réseau social X que Caracas avait informé le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, de sa décision « ferme et irrévocable » de dénoncer le Statut de Rome, traité fondateur de la CPI, conformément à son article 127.

Selon le chef de la diplomatie vénézuélienne, la CPI aurait mené ses activités de manière disproportionnée contre les pays du Sud, en contribuant, selon lui, à renforcer les inégalités internationales et à porter atteinte au principe de souveraineté des États.

Cette décision intervient après plusieurs années de critiques visant la CPI. Certains États africains et organisations internationales accusent depuis longtemps la Cour de cibler principalement des dirigeants africains, alors que des situations impliquant d’autres régions du monde auraient reçu moins d’attention. Ces critiques ont notamment alimenté des appels au retrait de certains pays africains du Statut de Rome.

La CPI a toutefois défendu son indépendance, affirmant que « ses enquêtes sont fondées sur les éléments disponibles et non sur l’origine géographique des affaires ». La Cour rappelle qu’elle intervient uniquement lorsque les juridictions nationales ne peuvent ou ne veulent pas poursuivre les auteurs présumés des crimes les plus graves, notamment les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et le génocide, des explications qui peinnent à convaincre.

La juridiction a également fait face à des critiques concernant sa lenteur dans certaines procédures, ses limites liées à l’absence de coopération de certains États et son incapacité à arrêter des suspects lorsque les pays concernés refusent de collaborer.

Au Venezuela, la CPI avait annoncé en 2021 l’ouverture d’une enquête sur de possibles crimes contre l’humanité commis lors de la répression des manifestations antigouvernementales de 2017. Caracas rejette ces accusations et estime que la procédure relève d’une approche politique.

L’Assemblée nationale vénézuélienne avait déjà voté en décembre 2025 en faveur du retrait des engagements liés au Statut de Rome. Le gouvernement affirme désormais vouloir promouvoir une justice internationale qu’il juge « véritablement équitable », respectueuse de la souveraineté et du droit à l’autodétermination des peuples.

Le Venezuela a annoncé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), accusant l’institution de faire preuve d’un « parti pris géographique »