Le gouvernement du Soudan du Sud a démenti les informations selon lesquelles il aurait introduit une nouvelle grille tarifaire pour les visas visant les ressortissants rwandais et plusieurs autres citoyens de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC). Les autorités sud-soudanaises ont affirmé que ces informations, largement relayées sur les réseaux sociaux et dans certains médias, étaient « fausses, trompeuses et sans fondement légal ».

Dans un communiqué publié lundi, le ministère sud-soudanais de l’Intérieur a indiqué avoir pris connaissance de publications affirmant que le pays aurait modifié sa politique migratoire, en accordant une entrée sans visa uniquement aux ressortissants d’Égypte et de Tanzanie, tout en imposant de nouveaux frais aux citoyens d’autres pays, notamment du Rwanda.

« Le ministère de l’Intérieur rejette catégoriquement ces affirmations, qui sont fausses, trompeuses et dépourvues de toute base officielle, juridique ou administrative », a déclaré l’institution.

Selon les informations qui circulaient avant le démenti, les ressortissants rwandais et ceux de plusieurs autres pays d’Afrique de l’Est auraient dû payer 50 dollars américains (environ 74 000 francs rwandais) pour un visa à entrée unique, 125 dollars (environ 184 000 francs rwandais) pour un visa à entrées multiples valable trois mois, et 250 dollars (près de 368 000 francs rwandais) pour un visa à entrées multiples valable six mois.

Ces informations indiquaient également que les citoyens de Tanzanie et d’Égypte auraient été exemptés de visa, tandis que les ressortissants de la plupart des autres pays africains auraient payé 100 dollars pour un visa à entrée unique, avec des tarifs plus élevés pour les visas à entrées multiples.

La diffusion de ces informations avait suscité des inquiétudes dans la région, notamment parmi les États membres de l’EAC, car une telle mesure aurait semblé contraire aux engagements de l’organisation en faveur de la libre circulation des personnes, des travailleurs, des biens et des services.

Précisant qu’aucune décision officielle n’avait été prise dans ce sens, le ministère de l’Intérieur du Soudan du Sud a affirmé que ni le ministre de l’Intérieur, le général Aleu Ayieny Aleu, ni la Direction de l’état civil, de la nationalité, des passeports et de l’immigration n’avaient publié de directive ou adopté une nouvelle réglementation sur les visas.

« Le gouvernement de la République du Soudan du Sud n’a pas adopté de mesure visant à augmenter les frais de visa ou à limiter l’entrée sans visa exclusivement aux ressortissants d’Égypte et de Tanzanie. Il n’a pas non plus approuvé la structure tarifaire des visas actuellement diffusée dans les médias », a souligné le ministère.

Les autorités ont rappelé que toute modification de la politique migratoire devrait suivre les procédures légales établies et être communiquée officiellement avant son entrée en vigueur. Elles ont appelé le public, les missions diplomatiques, les compagnies aériennes, les partenaires au développement et les médias à se fier uniquement aux communications officielles.

Le Soudan du Sud a rejoint l’EAC en 2016. À travers le Protocole du marché commun, les États membres œuvrent à faciliter la libre circulation des personnes, de la main-d’œuvre, des biens et des services, même si l’application de ces engagements varie encore d’un pays à l’autre.

Les autorités sud-soudanaises ont démenti les informations selon lesquelles elles auraient introduit une nouvelle grille tarifaire pour les visas visant les ressortissants rwandais et plusieurs autres citoyens de l'EAC