S'exprimant sur Royal FM à la suite d'informations selon lesquelles l'Italie explore des partenariats avec plusieurs pays africains pour mieux gérer les migrations irrégulières, Mme Makolo a déclaré : « Il n'y a pas encore d'accord. Nous sommes toujours en discussion. »
Elle a indiqué que l'une des principales pistes à l'étude consiste à s'appuyer sur le Mécanisme de transit d'urgence (Emergency Transit Mechanism – ETM) de Gashora, mis en place en 2019 avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) afin d'accueillir temporairement des demandeurs d'asile et des réfugiés vulnérables évacués de Libye, dans l'attente de leur réinstallation dans un pays tiers ou de leur retour volontaire.
« L'une des idées que nous examinons concerne le mécanisme de transit d'urgence de Gashora, un lieu sûr pour les familles bloquées, qui n'ont nulle part où aller et qui sont en danger pour diverses raisons », a-t-elle expliqué.
Les personnes accueillies dans ce cadre bénéficient de soins médicaux, d'un accompagnement psychosocial et de formations professionnelles pendant l'examen de leur dossier.
Mme Makolo a souligné que l'engagement du Rwanda repose sur son expérience historique des déplacements forcés de populations ainsi que du retour des réfugiés consécutif au génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.
« Le Rwanda a toujours été impliqué dans les questions migratoires. En raison de cette expérience, nous sommes un pays accueillant. Nous comprenons les personnes qui ont dû fuir sans rien avant de reconstruire leur vie », a-t-elle affirmé, tout en notant que le Rwanda accueille actuellement plus de 100 000 réfugiés, principalement originaires de la République démocratique du Congo et du Burundi, qui ont accès au travail, aux soins de santé et à d'autres services essentiels.
« La migration irrégulière est un problème mondial et le Rwanda a toujours fait sa part en tant que membre de la communauté internationale », a-t-elle insisté.
Estimant que l'ETM a fait ses preuves, elle a ajouté : « Des milliers de personnes sont passées par ce mécanisme, dont beaucoup ont été réinstallées dans des pays tiers. Cette initiative s'est révélée efficace, a permis de sauver de nombreuses vies, et nous pensons qu'il est possible d'en faire davantage. »
Répondant aux critiques suscitées par ce type de coopération, Mme Makolo a affirmé : « Il y aura toujours des critiques. Toutefois, nous sommes convaincus d'agir pour les bonnes raisons. Notre ambition est de contribuer à la résolution d'un défi mondial majeur. »
Évoquant l'ancien partenariat migratoire avec le Royaume-Uni, finalement abandonné par le gouvernement britannique, elle a réitéré : « Il n'y a rien de mal à offrir un foyer aux personnes et à leur donner les moyens de reconstruire leur vie », insistant sur la nécessité de prévenir les migrations dangereuses.
« Nous ne voulons pas que des Africains entreprennent des voyages périlleux à travers le désert et perdent la vie en Méditerranée. Nous souhaitons que les jeunes Africains puissent vivre dignement sur leur continent, s'y épanouir et participer activement à son développement. »
Selon des informations publiées le 4 août par la presse italienne, le gouvernement de la Première ministre Giorgia Meloni envisage la création de centres pilotes de retour pour migrants dans des pays tiers. Le Rwanda, l'Ouganda et le Ghana figureraient parmi les pays envisagés pour accueillir ces centres, qui seraient cogérés par plusieurs États européens avec un financement de l'Union européenne.

La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a confirmé que le Rwanda et l'Italie discutent d'un éventuel partenariat migratoire


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