Le Président s’exprimait à l’occasion de l'ouverture du Sommet mondial « AI for Good Global Summit 2026 », qui se tient à Genève, en Suisse, organisé autour de l’avenir de l’intelligence artificielle et de son rôle dans le développement humain. Cette session marquait également le lancement officiel ainsi que la première réunion de la Commission mondiale AI for Good.
« L’intelligence artificielle a le pouvoir de transformer des vies et de renforcer les économies », a-t-il déclaré, appelant les acteurs publics et privés à unir leurs efforts pour exploiter pleinement son potentiel.
Selon Kagame, les tensions internationales autour de la technologie risquent toutefois de détourner l’attention des véritables opportunités offertes par l’intelligence artificielle.
« Les rivalités géopolitiques ont transformé la technologie en une compétition. Cela détourne l’attention de la manière dont les outils d’IA peuvent accélérer le développement. Cependant, malgré ces lacunes, nous devons rester optimistes. Il est de notre responsabilité de transformer les obstacles en opportunités qui pourront servir chacun d’entre nous à mesure que nous avançons. » a-t-il affirmé.
Le Président rwandais a également souligné le rôle croissant de l’Afrique dans cette transformation numérique. Avec une population jeune en forte croissance, le continent dispose, selon lui, d’un potentiel considérable pour contribuer à l’économie numérique mondiale.
« D’ici 2050, notre continent disposera de la main-d’œuvre la plus importante et connaissant la croissance la plus rapide au monde », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il existe « de nombreux exemples de réussite concernant ce que les jeunes Africains accomplissent avec l’intelligence artificielle ».
Dans son discours, le Président a identifié trois domaines prioritaires pour garantir un développement équitable de l’intelligence artificielle : les infrastructures, les compétences et la gouvernance.
Sur les infrastructures, il a appelé à renforcer l’accès à la puissance de calcul, à la connectivité et à l’énergie, estimant que « c’est une tâche qui nécessite une collaboration entre les gouvernements et le secteur privé ».
Concernant les compétences, il a insisté sur l’importance d’adapter les systèmes éducatifs aux nouvelles exigences technologiques. « Les talents existent partout, mais les opportunités de les valoriser ne sont pas toujours disponibles », a-t-il expliqué.
Le Président Kagame a également mis en avant la nécessité d’une gouvernance responsable de l’IA, notant que « les structures de gouvernance de l’IA doivent renforcer la confiance et la transparence, et non créer davantage de divisions ».
Par ailleurs, il a présenté, au cours de son intervention, certaines initiatives mises en place au Rwanda dans le domaine de l’intelligence artificielle, notamment dans le secteur de la santé.
« Au Rwanda, nous avons mis en place le Centre d’intelligence en santé, qui collecte des données en temps réel dans l’ensemble de notre système de santé et utilise l’IA pour prévoir les épidémies », a-t-il indiqué, affirmant que ces technologies permettent aux autorités de « prendre de meilleures décisions politiques » grâce à l’exploitation des données.
Appelant l’Afrique à ne plus être uniquement consommatrice de technologies, mais à participer activement à leur création et à leur déploiement, le Chef de l’État rwandais a invité à « investir dans l’intelligence artificielle pour garantir notre avenir ainsi que celui des générations à venir », a-t-il déclaré.
« En Afrique, nous ne nous contentons plus d’être de simples consommateurs passifs de technologie. Nous voulons également construire et déployer ces technologies à grande échelle », a-t-il conclu.
Nommé coprésident de cette Commission le 2 juillet 2026 aux côtés de Marc Benioff, PDG et cofondateur de Salesforce, Kagame participe au sommet aux côtés de plusieurs dirigeants internationaux, dont Doreen Bogdan-Martin, secrétaire générale de l’Union internationale des télécommunications (UIT), qui occupe le poste de vice-présidente de la Commission.
Organisé conjointement par l’UIT et la Suisse, le Sommet mondial « AI for Good » réunit des chefs d’État et de gouvernement, des responsables d’entreprises, des décideurs politiques, des chercheurs, des innovateurs ainsi que des représentants de la société civile venus du monde entier.
Placé sous le thème « Libérer le potentiel de l’intelligence artificielle au service de l’humanité », le sommet doit notamment permettre aux participants d’examiner le potentiel de l’intelligence artificielle, l’élaboration de normes favorisant des opportunités plus inclusives et l’évolution du rôle de l’IA dans le soutien à l’innovation.







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