Cette réaction intervient après l’annonce du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) d’un accord avec les FDLR visant leur démantèlement par un processus non militaire.

Selon Kinshasa, l’accord, qui repose sur un document préparé par le président des FDLR, Victor Byiringiro, signé le 30 mai 2026 et transmis au président Félix Tshisekedi, prévoit « un désarmement des combattants, leur transfert vers des centres de transit sécurisés, avant leur réintégration dans la société civile ».

Les FDLR auraient également demandé un accompagnement pour les combattants ne souhaitant pas retourner au Rwanda afin qu’ils puissent être réinstallés dans des pays tiers.

Kigali a rejeté cet arrangement, estimant qu’il ne correspond pas aux engagements pris dans l’accord de paix signé à Washington en 2025, qui prévoit la neutralisation du groupe génocidaire.

Dans une interview accordée récemment à BBC Gahuza, Cure Ngoma, porte-parole politique des FDLR, a indiqué qu’aucun calendrier n’avait encore été établi pour le désarmement et la réintégration des combattants.

Il a également indiqué que les FDLR souhaitent le retour au Rwanda des personnes qu’elles présentent comme des « réfugiés rwandais » vivant en RDC, dans des conditions garantissant leur sécurité et leur dignité. Selon lui, le groupe ambitionne ensuite de « participer au processus politique au Rwanda ».

Réagissant à ces déclarations, Nduhungirehe a maintenu la position de Kigali.

« Aucun espace politique ne peut être ouvert aux génocidaires. Les FDLR doivent être démantelées, comme le stipule l’accord de Washington. Leurs combattants doivent être rapatriés au Rwanda sans conditions supplémentaires », a-t-il déclaré à IGIHE.

Ces dernières années, certains combattants des FDLR sont volontairement retournés au Rwanda. Ils sont accueillis au Centre de réintégration de Mutobo, dans le district de Musanze, où ils suivent des formations civiques, professionnelles et des programmes de réinsertion, avec un accompagnement destiné à faciliter leur retour dans leurs communautés.

Toutefois, malgré l’annonce de l’accord entre Kinshasa et les FDLR, des informations obtenues par IGIHE indiquent que des liens militaires auraient continué entre les deux parties dans un contexte d’affrontements avec la coalition AFC/M23, qui contrôle plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Selon ces informations, des dirigeants des FDLR auraient rencontré, en juin 2026, des officiers des Forces armées de la RDC (FARDC) à Rutshuru et Walikale. Les discussions auraient porté sur l’intégration de combattants des FDLR au sein des groupes Wazalendo soutenus par Kinshasa.

Les mêmes sources indiquent que l’administration Tshisekedi aurait également poursuivi des contacts avec certains opposants rwandais basés à l’étranger, avec des rencontres entre certains d’entre eux et des responsables des FDLR.

Parmi les personnalités citées figurent Jean-Luc Habyarimana, fils de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, l’ancien prêtre Thomas Nahimana, Fabien Singaye, beau-frère de Félicien Kabuga, ainsi que Thaddée Kwitonda, ancien membre de la direction des FDLR.

Le ministre Nduhungirehe, a exclu toute possibilité d’accorder un espace politique aux FDLR, affirmant que ce groupe lié au génocide perpétré contre les Tutsi doit être démantelé conformément aux Accords de Washington